Introduction
« Je voudrais porter
un toast à la victoire de Belle deGlaçon ! »
Ils applaudissent en buvant à leur championne. L'appartement est
rempli des amis et des voisins de trés bonne humeur . Ils célèbrent
la victoire de Belle, qui a gagné un grand championnat de patinage
artistique. Tous ses voisins sont invités. Belle a gagné
le grand championnat ce matin.
C'était enfin le jour du long programme. Elle a patiné
sur l'air de « Rhapsodie
in Blues », composé par George Gershwin. Toute la France
l'avait regardée à la télévision quand elle
a patiné. Elle l'a fait parfaitement. Elle a fait sept sauts
triples, avec une combinaison de deux triples! Toute la France l'a applaudie
quand elle a fini son programme. Il y avait tellement de roses rouges,
que la glace a tourné complètement rouge. Il a fallu vingt
minutes avait avant que la glace soit dégagée! C'était
un spectacle extraordinaire.
Elle a reçu 6 points (une note parfaite) pour le score artistique
et 5,9 pour le score technique. Belle a gagné la médaille
d'or du Championnal de Patinage de France ! C'est son quatrième
titre national français. Elle est si heureuse, qu'elle organise
une grande célébration pour sa victoire. La Championne n'économise
rien. Elle veut montrer aux voisins qu'elle est une gagnante très
riche et généreuse.
Les voisins de Belle de
Glaçon ont des vies intéressantes, et les interactions entre
tous les résidents sont toujours un peu dramatiques. L'immeuble
où les gens habitent est à Paris dans le 4ème, 44
rue de Sévigné. C'est un immeuble très petit,
avec quatre étages et une bijouterie (la bijoutière s’appelle
Tiare Captieux) en bas de l'immeuble. Cet immeuble pittoresque loge
les gens dans quinze appartements, deux très grands au premier étage
et de plpus en plus petis en remontant jusqu’au quatrième étage.
Bien que l'immeuble apparaîsse normal à l'extérieur,
à l'intérieur, c'est désordonné. Tous
les voisins ont des personnalités dynamiques et des styles de vies
diverses. Au premier étage, il y a la fameuse Belle de Glaçon,
patineuse artistique en question, au deuxième étage, il y
a Jean-Pierre du Pont, pilote de ligne, et au troisième étage,
Ophélie Wu, qui est médecin. Dans l'immeuble, il y
a aussi une espionne, un hommes d'affaires, une Top modèle, une
chiromancienne, un écrivain - tout ce qu'on peut imaginer!
Il y a des gens de religions différentes, d'ethnies différentes,
et de classes sociales différentes. En outre, on constate
dans cet immeuble, que leurs mondes entrent en collision avec drame et
conflit. Mais, ce soir, tout le monde se fond parfaitement.
Peut-être que c’est la bonne humeur des voisins. Mais, c'est
plus probablement l'alcool.
L'appartement de Belle est
très beau et extravagant. Dans le couloir, on peut entendre les
sons de la musique, entrainante et joyeuse. Belle a employé un orchestre
de swing qui est très populaire dans le quatrième arrondissement.
Quand on ouvre la porte, il y a des petites lumières blanches comme
pour Noël qui couvrent tous les murs de l’appartement. Quelqu'un prend
les manteaux des invités. Il y a des bougies qui flottent dans l'eau
sur tous les tables. Il y a des bouquets de roses rouges qui semblent remplir
l'appartement aussi. Ce sont probablement des roses du concours qui
a eu lieu auparavant. L'arôme du canard rôti flotte dans
l'air. Le cuisinier a fait cuire un grand canard avec des
épices très chères et délicieuses. Tous
les voisins circulent et se parlent entre eux en buvant leur champagne
rare et en mangeant du pâté et du caviar. Quand on regarde
dehors, on peut voir la Seine étincelante dans le clair de lune.
C'est très joli et extraordinaire. Beaucoup de locataires sont envieux
de cet appartemment.
Belle porte une robe ravissante.
La robe est en or avec beaucoup de
sequins. Ca brille dans la lumière des bougies. Elle continue
à montrer sa
nouvelle médaille d'or à tous les voisins, se vantant
constamment.
Jean Pierre s'approche d’elle.
Il porte une chemise en soie grise, ses cheveux sont bien coiffés.
Il sent le parfum bon marché qu'on peut acheter dans un avion (parce
qu'il est pilote, il vole les petites bouteilles très souvent).
«Ton père est-il
voleur ? »
« Non, pourquoi ?
»
« Parce qu'il a volé
des diamants et les a mis dans tes yeux. »
Elle rougit et se dépêche
de retourner près de son copain. Jean Pierre hausse les épaules
et s'approche d'une autre fille. Belle salue ses voisins et les remercie
d'être venus. Elle voit Guy et elle fait attention au fait qu'il
est seul. Il semble distrait, en sueur, et il boit beaucoup de vodka. Il
porte une veste en tweed noire. Elle va vers lui.
« Bonjour ! Où est ta femme Véronique ? Je
voudrais bavarder avec elle. »
« Je suis désolé,
elle n’a pas pu se libérer, Elle devait s'occuper des animaux.
»
« Quel dommage »
dit Belle, en se tournant pour regarder les autres invités. Une
femme attire l'attention de Belle. C’est Yvette qui est assise sur le sofa,
seule. Elle est la seule femme qui ni mange, ne boit, ne danse, ni ne rencontre
personne. Elle semble malade, elle a l'air très pale, comme un fantôme.
Yvette porte des vêtements branchés : une jolie jupe rouge
avec une pashmina. Elle est toujours à la mode. Bien qu'elle porte
habituellement les cheveux dénoués, aujourd’hui, elle les
porte en chignon. Belle commence à s’approcher d’elle, mais elle
est distraite par un fracas fort. Elle tourne la tête
et voit que Jean Pierre a laisse tomber son verre de champagne sur
le pied de Violette Clafoutie. Elle hurle de la rage. Tout le monde rit
et continue à boire.
Amandine bavarde avec
Tiare Captieux, en mangeant trop de caviar car elle n'avait pas mangé
depuis quelques jours. Elles regardent Renée Revoir et Jean-Pierre
Dupont qui dansent. Amandine roule les yeux devant le comportement
ivre de Jean-Pierre. Tout le monde sourit et l'orchestre de swing
commence à jouer « In the Mood » par Glenn Miller.
Tout le monde écoute et commence à danser. Belle sourit
à cause du succès de sa fête. La plupart des
invités s'amusent en buvant et en dansant.
Quand la chanson est finie
Jean-Pierre empoigne la boisson et lève son verre en l'air.
Il balbutie comme un ivrogne << Je veux...eh...porter un toast encore.
Pour toutes les belles filles dans la salle...santé!>>
Chapitre II
« La Liaison »
À cause de ce jour
spécial, tous les gens à la fête boivent le meilleur
champagne et mangent les apéritifs favoris de Bellequ’elle est allée
au marché acheter. Elle a choisi du caviar noir, des biscuits
au chocolat, du Brie frais, des filets de saumon, et d’autres petites choses
à manger. Elle a préparé son plat préféré
appelé « Brie cuit ». Ce plat consiste en un morceau
de Brie couvert de pâte feuilletée qui est cuisiné
jusqu'à ce que la pâte soit cuite et dorée. C’est
délicieux. En dehors de ceci, elle a passé toute la
journée à nettoyer et arranger les meubles. Elle a
fait briller ses trophées et a mis les plus grands sur sa cheminée
pour que tout le monde puisse les voir. Il y a aussi beaucoup de
photos de Belle lors de ses victoires avec des bouquets des fleurs dans
les bras et des médailles autour son cou. Tous les invités
étaient en admiration devant ces preuves de réussites.
Avant ce soir-là, seulement quelques locataires avaient vu l’appartement
de Belle, donc les autres étaient surpris de son élégance.
La chose la plus impressionnante
dans son appartement est un grand chandelier de cristal délicat
avec des reflets dorés qui pendait au milieu de la salle de séjour.
Dans le coin à droite de la salle, il y a une ancienne table et
des chaises de chêne fin qui scintillent sous la lumière du
chandelier. Belle a mis les bouchées d’apéritifs sur
le table. Le scène ressemble à une photographie du
magazine « Gourmet ». À côté de la
cheminée où elle avait mis ses trophées il y a un
divan recouvert de cuir beige qui t’avale quand tu t’assieds.
Il n’y avait pas besoin de décorations, mais elles donnent plus
de caractère à la fête. Les décorations
vives s’accordent avec la musique et l’humeur des invités.
On sent le brie cuit mélangé avec les parfums des gens.
Les fenêtres sont embuées à cause de la chaleur dans
l’appartement. L’espace semble très petit parce qu’il y a
beaucoup d’amis dans la pièce.
La fête est très
bruyante avec la musique et les gens qui dansent. Les voisins sont
si bien habillés avec leurs vêtements de fête qu’ils
ressemblent à des stars ! La joliehôtesse, Belle, a
décoré son appartement très charmant avec des banderoles
colorées sur les murs et une nappe aux couleurs vibrantes sur la
table. Les invités plaisantent entre eux et parlent surtout
de l’ambiance magnifique que Belle a crééee et de sa grande
victoire. La plupart des voisins s’amusent et sont heureux, mais
il y a des gens qui sont là pour
d’autres raisons.
Jean-Paul Acerbe est assis
sur le divan confortable et ne parle avec personne. Quand il a été
invité par Belle, il a consenti parce qu’il voulait amasser plus
d’idées pour ses livres. Jean-Paul est un écrivain
satirique qui accumule ses meilleures idées grâce à
la vie de ses voisins. Il mange un biscuit très lentement et boit
son champagne à petits coups. Il observe les autres très
prudemment et à un petit air de dédain sur sa face ridée
de lignes profondes. C’est seulement en clignant des yeux fréquemment
qu’on peut distinguer le vrai visage de cet homme. Bien qu’il soit
un sale type désagréable, et qu’il essaye de ne pas s’amuser,
on peut voir qu’il n’est pas complètement agacé d’être
là.
Entre les intervalles de regards odieux et encore plus odieux, il se
permet de petits sourires. Si on ne le connaissait, on pourrait
penser qu’il est gentil. Légitimement, il y a des gens qui
ne sont pas d’accord avec le fait que cet homme méchant est là.
Renée Revoir, qui
est mannequin et qui, selon ses propres mots « connaît bien
la mode », saisit le bras de Gaëtan Gobbëls, et dit, «
Regardez M. Acerbe.
Qu’est-ce qu’il porte !? C’est une catastrophe! »
L’homme porte un vieux tricot brun avec des boutons qui commencent à
se détacher et une chemise avec beaucoup de taches bleues.
M. Gobbëls (essayant de couvrir sa propre chemise avec des taches
de café) dit en se dandinant pour chacher son malaise et pour plaire
à Mlle Revoir « Mon Dieu ! En effet, c’est vraiment
désastreux ! Et pourquoi est-il ici ? Tout le monde
sait qu’il nous déteste. C’est bizarre que Belle l’ait invité.
»
M. Gobbëls et Mlle Revoir parlent encore et ils dissertent sur
la « la tragédie de cette tenue. » M. Acerbe entend
les autres parler de lui et il ne sourit plus pendant toute la nuit.
Mais il n’ira pas chez lui (ça le coûterait beaucoup trop
d’information précieuse.)
Pendant ce transfert d’information,
Violette, Aurélie, et Amandine dansent joyeusement sur la table.
Elles lèvent leurs jupes comme les danseuses de CanCan et donnent
un show à tous les spectateurs de la fête. Violette
est une ancienne danseuse étoile de 63 ans qui croit qu’elle sait
danser mieux que les autres. Donc elle leur donne du fil à
retordre, mais à cause du champagne, elle ne peut pas danser très
élégamment. Elle crie « Regardez-moi !
Je suis la meilleure danseuse de la fête ! Je pourrais toujours
être une danseuse professionnelle de Can Can ! Qu’en pensez-vous
? » Demande-t-elle à Guy pendant qu’elle lève sa jupe
par derrière et lui montre ses fesses. Puis Aurélie
pousse Violette de la table et elle tombe dans les bras de Guy. Les
voisins rient et battent des mains. Ils sont très amusés
par la bêtise de cette vieille femme qui se comportait comme une
fille de 19 ans. « La fête est en train de devenir folle
! » S’exclame Amandine en continuant à danser le CanCan.
Après l’exclamation
d’Amandine, Belle calme les chahuteurs et annonce qu’elle voudrait dire
quelque chose. Avec une bouteille de champagne dans la main, elle
remercie tous d’être venus : Merci à tous d’être ici
pour fêter ma victoire ! Je vois que tous s’amusent beaucoup
et j’espère que cette nuit sera inoubliable ! » Les
invités l’acclament et portent un toast à la santé
de Belle. La première personne à faire un toast est
Amandine. « Depuis la première fois que je vous ai rencontrée,
j’ai su que vous seriez une championne ! Nous vous aimons ! »
Par hasard, Guy se tourne pour regarder Yvette pendant le toast et il remarque
qu’elle a commencé à s’agiter un peu. Il est devenu
sérieux parce qu’il sait ce qui se passe. Yvette met sa main
à sa bouche et elle s’excuse pour aller aux toilettes. Ensuite,
on entend Aurélie parlant avec Ophélie, « Ah les gens
ne savent pas comment boire ! » Elle suit Yvette, et lui offre
son aide. Quand Ophélie est partie, Guy se tourne pour voir
Aurélie et touche son épaule, « Il y a deux
heures, Yvette m’a dit qu’elle avait mal à la tête.
Je ne crois pas qu’Ophélie doive l’aider. » Puis, il
marche vers les bouteilles de whisky pour prendre un autre verre.
« Ne croyez-vous pas que Guy a l’air nerveux ? » Demande
Aurélie Ophélie quand elle est retournée aider Yvette.
« Oui, je pense que vous avez raison. Mais, de toute façon,
c’est un homme mystérieux. » Elles se tournent pour
voir Guy en train de chercher la bouteille d’alcool le plus fort.
Yvette est dans les toilettes
pendant quelques minutes de plus et Guy regarde la porte des toilettes
pendant tout ce temps-là. Quand elle ouvre la porte, elle
s’essuie la bouche avec un mouchoir. Maintenant, tous les autres,
y compris Guy, jouent aux «charades », un jeu qu’Aurélie
a appris aux Etats-Unis lors de ses voyages. Dans ce jeu, un groupe
doit deviner le titre d’un film, d’une chanson, ou d’un livre que
«l’animateur » élu a choisi à l’avance.
Tous sont très charmés par le jeu quand Yvette interrompt
Monique, qui essayait de jouer « Les parapluies de Cherbourg »
et elle s’adresse à la foule « J’ai mal à la tête,
je vais partir tôt. » Ophélie voit qu’Yvette n'est
pas bien et lui demande «Tout va bien ? » Yvette
jette un regard bref à Guy et répond «Oui, je suis
un peu malade c'est tout ». Ophélie remarque, «
Est-ce que vous voulez que je sorte avec vous ? »
« NON ! Uh non, merci. » S’exclame Yvette.
À la fête,
Yvette avait eu l'air un peu étrange, particulièrement autour
de Guy. Elle avait parlé avec tout le monde sauf Guy, et quand
elle est partie, elle a fait des bisous à tous les invités,
mais pas à Guy. Des personnes ici et là ont remarqué
les petites bizarreries mais personne n’a fait une grande affaire de ces
événements. Ils se sont occupés de leur propre
amusement. Mais un moment spécialement gauche pour tous ceux
qui en ont été témoins était quand Yvette,
en ouvrant la porte, et Guy se sont regardés avec grand désir.
Ils ne savaient pas comment interpréter leurs réactions ;
donc ils leur ont donné le bénéfice du doute et ont
interprété cela comme des coups d'oeil amicaux et rien plus.
Cela aurait été
évident à une personne vigilante, qu'il y avait un secret
entre eux deux. Mais Yvette et Guy étaient les seuls
qui savaient ce qui s’était passé. Ils étaient
détachés du groupe tout le soir, chacun à sa propre
façon ; Yvette par ses séjours aux toilettes et Guy par
son engouement dans les bouteilles de whisky. Mais la fête
continuait comme si rien n’est passé. L’air continuait à
sentir le brie et l’ambiance continuait à diffuser une impression
de bonheur et de bonne humeur. Après la sortie d'Yvette, le
visage de Guy a changé.
Guy regarde fixement
son verre vide qu’il a déjà rempli beaucoup de fois.
Il pense à sa vie et aux erreurs qu'il a faites. Il oublie
le jeu complètement et il s'excuse pour remplir encore son verre
du whisky. Amandine, qui est chiromancienne et qui ressent les «
vibrations » des gens, le regarde avec inquiétude.
Elle voit qu'il est plus sérieux que
d'habitude. Elle sait que Guy pense intensément à
quelque chose d’important. Il revient et s'assieds sur le sofa.
Il a un regard sérieux sur son visage. Ses yeux sont sur son
verre de whisky comme s'il allait lui livre un secret considérable.
Ses yeux n'ont aucune expression et son corps est tellement rigide qu'on
pourrait le confondre avec un mannequin. Pour s'assurer du contraire,
Amandine se lève de sa chaise et marche vers l'homme qui est assis
sur le divan. Elle s'assied à côté de Guy et
roucoule « Qu'est-ce qui ne va pas mon chéri ?
Pourquoi ce visage si sérieux ? C'est un jour de gaieté
et de célébration ! Notre Belle a accompli un exploit très
prestigieux ! Tout le monde doit être jubilant ! »
Guy est immédiatement hors de sa transe et lui répond «
Rien ne va ! Je pensais à ma femme c'est tout. Je voulais
qu'elle vienne pour célébrer ensemble ! » Amandine
incline la tête avec compassion. Bien qu’il dise ces mots,
elle sait qu’il ne lui dit pas la vérité et qu’il ne lui
dirait jamais ce qui ne va pas. En tout cas, elle répond «Oui,
nous voudrions tous qu'elle soit ici, mais nous comprenons qu'elle aime
ses animaux et qu’ils ont besoin d'elle. C'est une bonne fille, votre
femme. Vous avez de la chance » en mettant son bras sur les
épaules de l'homme préoccupé. « Oui, je
le sais » il rétorque avec ses yeux encore sur son whisky.
« Eh, bien ! Je crois que nous devons recommencer à
nous amuser avec les autres, non ? » dit Amandine en essayant de
ne pas aigrir l’atmosphère de la fête avec l’humeur de Guy.
Ils se lèvent du divan et vont rejoindre le groupe qui est déjà
très enivré.
Tout le monde s'amuse
beaucoup, chante et danse toute la nuit. L’alcool coule généreusement
et tous s'aiment (pour le moment). À onze heures on entend
un coup à la porte. Belle et Guy se lèvent et marchent
vers la porte ensemble. Belle ouvre la porte et trouve Mme Boileau,
la concierge, là. Elle leur dit que la musique était
trop bruyante et
qu'elle ne peut pas dormir à cause de cela. Belle s'excuse
du bruit et la concierge part. «Pauvre femme, elle est
fâchée de ne pas avoir été invitée !
» dit Guy qui est trop enivré maintenant. « Peut-être
qu'il faut lui faire plaisir ! » Il dit en clignant de l'œil à
Belle. «Mais que dira votre femme ! » Répond Belle
en le poussant coquettement. Elle est trop enivrée aussi et
si fatiguée de sa longue journée, qu'elle va dans sa chambre
et se couche.
En tout cas, la fête
continue sans son hôtesse. Amandine a eu raison quand elle
a dit « la fête est en train de devenir folle ».
Après encore beaucoup de champagne et de whisky, quelques invités
sont fâchés entres eux et ils trouvent les plus petites fautes
pour s'attaquer ! Par exemple, Monique « toujours calme »,
est devenue la « La Super Femme » et a essayé de lutter
avec M. Acerbe ! Elle s’est souvenue du temps où il l'a appelée
une prostituée et elle s'est beaucoup fâchée.
Elle s'est levée de sa chaise avec difficulté et
elle a trébuché vers M. Acerbe avec les poings dressés.
« Je vais vous montrer comment une prostituée peut combattre
! » Dit-elle avec un regard détestable sur son
visage et en marchant vers l'homme dont le vieux visage odieux exprimait
une peur affreuse. En la voyant, Aurélie s’est levée
pour l’arrêter mais il n’y avait pas besoin de sa charité
parce qu’après quelques pas, elle est tombée par terre, les
jambes en l'air. Tout le monde a commencé à rire du
spectacle. Monique a essayé beaucoup de fois de se lever
mais finalement elle a abandonné sa mission et est restée
sur le sol.
Une autre chose amusante
mais plus dégoûtante était quand Violette a ri si fortement
du spectacle qu'elle a uriné dans ses sous-vêtements !
Mais ça ne lui importait pas, et elle a continué à
danser comme si rien n'était passé. « Sale fille
! Allez chez vous et changez vos vêtements ! Vous sentez
très mauvais ! » Dit Monique qui restait encore par terre
et qui était la plus proche de Violette. « Je ne veux pas
aller chez moi ! Je vais me doucher chez Belle maintenant ! »
Elle s'excuse et disparaît dans la salle de bain. Quand elle
revient, elle porte juste une serviette de bain et elle continue à
danser. Le bruit est si retentissant que Belle se lève de
son rêve profond. Elle sort de sa chambre avec les yeux gonflés
et rouges et ses cheveux en désordre et leur dit « Taillez-vous
! Vous vous comportez comme des enfants ! Violette, pourquoi
est-ce que vous portez ma serviette de bain ? Où sont vos
vêtements ? Et Monique, pourquoi êtes-vous par terre
? Mon Dieu je vais avoir une crise cardiaque et j'ai seulement 22
ans ! J'essaye de dormir ! Je vais vous mettre à la
porte si vous n’êtes pas silencieux ! »
Les invités
se sont excusés de leurs actions et Belle est rentrée à
sa chambre. Monique se relève finalement et Violette est allée
chez elle pour se changer de vêtements. Mais elle revient parce
qu’elle voulait danser encore un peu et se sentir comme une jeune fille
bien, pour une nuit seulement. Guy l’aide à se sentir jeune
parce qu’il danse avec elle tout la nuit. Ils s’aident chacun à
se changer les idées de leurs problèmes et dansent comment
s’ils n’avaient jamais dansé avant. Guy met son disque de
ballades favorites dans l’électrophone, prend la vieille dans ses
bras, ferme ses yeux et pense à la femme la plus importante dans
sa vie. Mais cette atmosphère tranquille n’a pas duré
si longtemps, et vers deux heures, Belle est réveillée encore
par la musique bruyante et les rires retentissants de tous. Les invités
sont devenus d’autres personnes complètement. Personne ne
se comporte comme des adultes et tout le monde arrive à exaspérer
la gentille Belle. Elle est trop agacée parce qu'elle doit
se lever tôt le matin pour aller à une autre compétition.
Elle sort de sa chambre et les met tous à la porte. Elle est
décidée à n'avoir plus de fêtes pour quelques
temps et de ne pas mettre ses invités si à l’aise qu’ils
ne veulent plus rentrer chez eux !
A huit heures du matin le lendemain de la boum, l’appartement
Bretodeau a un air de bonheur. La cuisine est pleine d’odeurs de
croissants et de café. Guy est assis à la table rectangulaire
dans la cuisine. Guy semble lire le journal pendant que Véronique
prépare le petit déjeuner. Quand Véronique s’assoit
à la table, elle remarque que l’invitation à la boum de Belle
de Glaçon est encore sur la table; cela incite à une conversation…
-- Et alors, la boum s’est bien passée hier soir? J’avais
vraiment envie d’y aller, dit-elle.
-- Oui, plus ou moins. Ce n’était pas grand chose, répond-il
à sa femme sans la regarder.
-- Qui était là?
Il hésite pendant quelques secondes comme s’il n’avait rien
entendu. Puis, il répond,
-- La plupart des voisins et quelques autres.
-- Mais alors, raconte-moi ce que vous avez fait!
Il essaye de changer le sujet de la conversation et il a du succès,
mais seulement pendant quelques instants…
-- Ecoute ça, le chien du président est mort.
Un tireur, caché dans les arbres, l’a tué en essayant de
tuer le président !
-- Oh, le pauvre…qu’il soit en paix… Ah ! Tu n’as jamais
répondu à ma question ; qu’avez vous fait hier soir?
-- Hein? On a joué à la belote ; on a gagné
trois tours, dit-il.
Il essaye de lui répondre en disant le moins que possible.
-- C’est pas vrai! Félicitations, mon chéri.
Et c’était qui ton partenaire?
-- Je ne me rappelle plus de son nom. C’était une
jeune femme que tu ne
connais pas.
Il ne lève pas les yeux. Il répond tout en continuant
à parcourir le journal.
-- Et tu es rentré à quelle heure? Je t’ai
attendu jusqu’à une heure du matin et puis je me suis couchée.
Il répond en tournant la page du journal.
-- Vers cinq heures, je crois. C’était l’heure à
laquelle la boum s’est terminée.
Là il commence à être nerveux.
Véronique a eu un choc en apprenant que son mari est rentré
à cinq heures du matin parce que, d’habitude, Guy se couchait avant
onze heures du soir. Comment a-t-il fait pour rester éveillé?
En plus, c’était un jour de travail! Son premier cours commence
à dix heures et il n’a dormi que pendant trois heures! Elle se demande
comment il fait pour concilier son mariage, sa carrière et sa vie
sociale. Elle regarde son mari avec admiration et pense à elle-même,
« Il est Superman mon mari » !
Véronique continue à manger et Guy continue à
lire le journal. Véronique remarque une chose piquante- le
fait que Guy avait recommencé à lire la même section
du journal qu’il avait déjà lue mais son visage était
plein d’expressions comme s’il était en train de lire des mots complètement
nouveaux. Elle ne dit rien; elle décide que c’est de lassitude.
Elle espère qu’il ne ratera pas son arrêt de métro
puisqu’il est tellement fatigué.
-- Tu es sûr que tu veux aller au travail aujourd’hui ?
Tu as des cernes sous les yeux.
Je ne crois pas que tes étudiants vont être trop déçus
si tu annules tes cours
aujourd’hui! Mon chéri, tu as besoin de dormir.
Comment! répond-il d’un ton bref. C’est la première fois
qu’il baisse
le journal pour regarder sa femme. Pourquoi veux-tu que je reste ici
toute la journée?
-- Du calme, mon amour! Tu me sembles avoir un peu sommeil, c’est tout!
-- Absolument pas! Je ne vais pas rester à la maison. C’est
hors de
question. Il faut que j’aille au travail. J’ai un examen à faire
passer ce matin.
-- Mais, qu’est-ce que t’as!? Ce n’était pas un ordre, juste
une
suggestion. Vas–y. Je veux que tu fasses ce qui va te rendre heureux.
Il en a assez avec les questions de sa femme! Il regarde sa montre
et il
s’exclame, « Oh là, c’est l’heure! Je dois partir tout
de suite. Au
revoir ma chérie ». Il se lève mais avant qu’il
puisse partir, sa femme lui
donne un ordre…
-- Embrasse-moi alors!
Avec hésitation, il lui donne un baiser puis il sort.
En souriant, Véronique se lève pour débarrasser
la table. Elle est un
peu surprise quand elle voit que Guy avait bu tout son café
mais qu’il
n’avait point touché la nourriture.
Il n’est que 9 heures du matin, et toujours c’est un jour bizarre.
Véronique débarrasse la table—elle met l’assiette pleine
des croissants
près de l’évier, et elle lave les tasses à café.
Elle continue à penser
aux actions étranges de son mari ce matin…mais, elle a l’air
d’être
assez contente—elle voit un oiseau sur le rebord de la fenêtre,
et elle
siffle un peu avec lui.
Véronique essuie la table, et elle met les croissants dans la
boîte à
pain. Elle est en train de balayer le plancher quand elle entend un
coup
à la porte. Elle ouvre la porte et elle voit Amandine, la jeune
chiromancienne devant elle. Véronique ne la connaît pas
très bien,
alors elle est un peu étonnée de la voir.
-- Bonjour Amandine, comment allez-vous ?
-- Bonjour, je regrette de vous déranger, mais puis-je emprunter
un œuf
? Je vais préparer une omelette comme déjeuner, et je
n’en ai qu’un.
-- Bien sûr ! Entrez.
-- Merci bien, Véronique…
Véronique va au frigo, et elle cherche un œuf—elle le donne
à Amandine
-- Merci Véronique, vous nous avez manqué hier soir…
-- Ah, je sais, j’avais plein de travail à faire, mais merci.
Vous
êtes-vous bien amusés ?
-- Ouais ! Mais je suis très fatiguée.
-- Oui, c’est sûr, cinq heures du matin, c’est trop tard pour
arrêter une
boum.
-- Cinq heures ?!? La fête s’est finie à deux heures.
Pourquoi est-ce
que vous avez pensé qu’elle s’est finie à cinq heures
?
Véronique est un peu troublée, elle pense qu’Amandine
se trompe.
-- Quoi ? Vous vous trompez ! La soirée a fini à cinq
heures !
-- Non, à deux heures—Belle a dû se coucher parce qu’elle
avait
un entraînement à six heures du matin.
-- Mais Guy m’a dit que la fête s’était terminée
à cinq heures. C’est à cette heure-là
qu’il est rentré.
-- Ah, je ne sais pas… peut être qu’il est sorti avec les autres
après? En tout cas,
je dois partir… mais merci bien, si vous avez jamais envie que je vous
lise les lignes
de la main, je vous le ferai gratuitement.
-- Merci, c’est très gentil de votre part—bonne journée
!
Véronique ferme la porte après le départ d’Amandine.
Elle retourne dans
l’appartement pour s’asseoir dans le fauteuil de son mari, et elle
commence à penser. Cette journée avait été
bizarre depuis son début.
Elle ne sait si quelqu’un a dit des mensonges, ou si quelqu’un se trompe
sur l’heure finale de la fête. Son mari ne lui a jamais dit de
mensonges,
donc elle est sure que son mari n’a pas menti. Mais comment le savoir
sans
l’ombre d’un doute et avec quelque chose pour le prouver. Puis une
autre pensée
entre dans la tête de Véronique ; qu’est-ce qu’elle ferait
si son mari
lui avait dit des mensonges depuis longtemps ? Comment pourrait-elle
le
savoir ? Véronique se perd dans les dialogues qui se forment
dans son
cerveau, et elle reste dans le fauteuil. La salle est presque noire,
parce que les rideaux sont encore fermés. Seul un rayon de soleil
passe à travers le tissu épais, éclairant la femme
isolée dans ses pensées.
Environ trente minutes plus tard, Véronique se lève du
fauteuil, après
avoir commencé à s’endormir. Elle se rappelle les idées
qu’elle a
considérées. Que ferait-elle ? Elle doit savoir qui lui
a dit des
mensonges. Mais elle ne peut pas demander parce que le menteur peut
répondre aux questions avec encore des mensonges. Tout d’un
coup, comme
un coup de tonnerre, elle se souvient de l’offre qu’Amandine lui a
promise. Elle n’a jamais cru en des choses surnaturelles, mais à
son
avis, elle n’a pas d’autre choix. En ouvrant les rideaux
brusquement, elle se prépare pour aller au deuxième étage
avec une
nouvelle vigueur. Elle décide d’aller demander à Amandine
de lire son
avenir. Peut-être que cela l’aiderait à comprendre ce
qui s’est passé
pendant les heures après la boum.
Quand Véronique arrive à l’appartement d’Amandine, elle
hésite avant de
frapper. En même temps que sa main se relève pour frapper,
la porte
s’ouvre en révélant Amandine, comme si elle attendait
l’arrivée de
Véronique depuis qu’elle était rentrée chez elle.
Amandine laisse
Véronique entrer, sans rien dire, et elle l’amène à
la table en
l’invitant à s’asseoir. La table est près de la cuisine,
qui est un peu
sale, mais tout l’appartement contient un parfum plaisant d'encens.
A
Véronique cela ressemble aux épices méditerranéennes.
Elle ferme les
yeux pendant que la fumée de l’encens, combinée avec
la chaleur de
l’appartement, attaque ses sens. Toujours silencieuse, Amandine retourne
à la table et s’assoit en face de Véronique, qui ouvre
ses yeux pour
regarder la chiromancienne se préparant pour cette séance.
-- Votre main, s’il vous plait, chuchote Amandine en étendant
les deux
mains pour saisir celle de Véronique. Véronique est un
peu nerveuse,
mais elle donne sa main sans hésitation. Amandine commence à
étudier la
paume de Véronique. Au début, son visage reste neutre,
tranquille, mais
en continuant à lire, les yeux d’Amandine s’agrandissent, devenant
larges
et très ronds.
-- Qu’est-ce que vous voyez ? demande Véronique avec impatience.
Amandine laisse tomber la main de Véronique comme si elle était
devenue
trop chaude pour la tenir. Amandine ferme les yeux et secoue la tête.
Elle ne veut pas raconter à Véronique ce qu’elle vient
de voir.
-- S’il vous plait, je vous en prie, dites-moi ce que vous avez vu
!
implore Véronique, qui commence à s’inquiéter
un peu.
-- Vous êtes sûre que vous voulez savoir ?
-- Oui, bien sûr…
-- D’accord…elle hésite, et puis elle continue. Je vois une
vie qui
commence et une qui se termine dans votre futur. Ce que cela veut dire,
je ne peux pas vous l’expliquer. C’est tout ce que j’ai vu. Je désire
vous
aider, vraiment, mais je ne peux plus rien faire…je suis profondément
désolée.
En un instant, Véronique se trouve dans le couloir, la porte
d’Amandine
fermée derrière elle. Véronique rentre chez elle,
et elle réfléchit sur
ce qu'Amandine a prédit. Une vie qui commence et une qui se
termine...est-ce que cela veut dire qu'elle aura un bébé?
Si oui, cela
serait la vie qui va commencer. Donc, qui sera la vie qui va se
terminer? Est-ce que cela sera elle-même? Peut-être le
bébé, ou bien
peut-être son mari? Ces pensées-là lui donnent
des sentiments
lugubres. Pour oublier un peu ses émotions, elle commence à
nettoyer la
cuisine. Pendant qu'elle fait la vaisselle, ses pensées courent
sans
arrêt dans sa tête. Un bébé...suis-je prête
à avoir un bébé? Je ne sais pas
encore ce qui s’est passé avec mon mari hier soir. La frustration
s'accumule dans son corps, comme si son sang commençait à
bouillir, et
elle cherche désespérément quelque chose pour
se rafraîchir. Dans le
premier placard où elle cherche, il y a une bouteille de vin
rouge.
Malgré le fait qu'elle ne boit pas d'alcool d'habitude, elle
veut faire
taire les idées et les soupçons dans sa tête. Elle
prend la bouteille et
un verre, et elle avale sa première gorgée.
-- Délicieux! se dit-elle. Mais ce n'est pas exactement assez.
Elle va dans sa chambre et elle cherche dans les poches du manteau
de
son mari. Voilà! Un paquet de cigarettes, qui reste depuis la
veille;
son mari ne fume que quand il est à une fête. Véronique
prend le paquet
et retourne à son fauteuil, trouvant une boîte de soda
vide à utiliser
comme cendrier. Dès qu'elle s'assied dans le fauteuil, elle
allume une
cigarette et elle se met à boire. Les émotions de la
journée, mélangées
avec le vin qu'elle boit, produisent des larmes qui tombent lentement
des yeux. Elle continue de fumer une cigarette après l'autre
et regarde
l'horloge en attendant son mari. Quatre heures passent, et Véronique
finit la bouteille de vin. Elle est soûle, mais elle a effacé
complètement ses pensées de la tête. A cinq heures
du soir, comme
d'habitude, son mari rentre chez eux. Elle ne le regarde pas quand
il
ouvre la porte. Guy est un peu étonné de voir sa femme
fumant une
cigarette. Il se demande pourquoi elle le fait, puis il voit la
bouteille presque vide sur ses genoux.
-- Bonsoir, dit-il, en fermant la porte derrière lui. Elle ne
lui
répond pas, mais elle éteint sa cigarette avec vengeance.
Avant de se
lever du fauteuil, elle prend la dernière gorgée de vin,
et finalement
elle regarde son mari. Véronique s'approche de Guy, en essayant
de
contrôler ses jambes tremblantes.
-- Comment s'est passée ta journée? demande-t-il pendant
qu'il met sa
serviette sur le plancher et il pend son manteau à la patère
près de la
porte.
-- Pas aussi bien que ta soirée hier, répond-t-elle avec
sarcasme. Guy
est encore étonné par la condition dans laquelle il trouve
sa femme.
-- Qu'est-ce que cela veut dire? riposte-t-il.
Véronique n'arrive pas à articuler les mots qui s'échappent
de sa
bouche, mais elle continue quand-même.
-- Je sais pas. Tu as quelque chose à me dire? dit-elle, la
bouteille
vide toujours dans sa main.
-- Mais non, je n'ai rien à expliquer, répond-il.
-- Et alors, tu étais où jusqu'à cinq heures du
matin? crie-t-elle.
-- Je t'ai déjà dit que j'étais à la boum.
Le sarcasme dans les prochains mots de Véronique piquent Guy
au vif :
-- Désolée, monsieur Bretodeau, vous avez mal répondu!
Pas de grand prix
pour vous!
-- Comment? Véronique, c'est évident que tu es soûle,
mais maintenant tu
parles comme une femme folle! Quels mots attends-tu?
-- Un petit oiseau m'a dit que la fête s'est finie à deux
heures, et que tout le monde est parti à deux heures! Et alors,
tu t'es perdu en rentrant ici, ou quoi?
Guy s'inquiète un peu, se disant « Elle sait que j'ai
menti. Comment peut-elle le savoir? »
-- Chérie, tu es ivre. Calme-toi. Tu ne sais pas ce que tu dis.
-- Ouais, t'as raison, je suis ivre. Mais je sais quand-même
que tu m'as dit des mensonges! Guy essaye de lui répondre, mais
elle lui coupe la parole.
-- Tais-toi! C'est à moi de parler maintenant. La bouche de
Guy s’ouvre, formant un grand « O » béant dans le centre
de son visage. Véronique continue, sans protestation de son mari
stupéfié.
-- Je sais que la fête s'est terminée à deux heures,
donc je suppose qu'il t'a fallu trois heures pour marcher de chez Belle
à ici? Guy ne répond pas, comme s’il cherchait une bonne
excuse avec laquelle il pourrait se laver de tout soupçon. Pendant
qu'il hésite, Véronique commence encore à pleurer
et elle présente son dos à son mari avant de
marmotter tristement,
-- Mon dieu, le bébé...va-t-on mourir? Elle continue
à parler pour ne rien dire, et Guy ne croit pas ce qu'il entend.
« Véronique sait qu'Yvette est enceinte? » se demande-t-il.
Il est silencieux. Il décide d'effacer sa culpabilité.
-- Nous ne savons pas encore ce qu'on va faire. Elle doit parler avec
ses parents. Véronique se tourne vers son mari; elle ne comprend
pas ce qu’il vient de dire.
-- De qui tu parles?
Guy réplique à sa femme,
--Mais...toi, tu parles de qui?
-- Mais, de moi bien sûr.
Elle hésite puis elle dit, toujours la voix monotone, Je suis
allée voir Amandine. C'était elle qui m'a dit que la fête
s'est terminée à deux heures. Elle a lu mon avenir et elle
a vu un bébé mais elle a vu aussi une mort.
Guy tombe à genoux devant sa femme, les yeux implorant un pardon
d'elle.
Il explique humblement ce qui s’est passé.
--Je suis désolé...je suis si désolé. Nous
avions trop bu et tu n’étais pas là. C'était la plus
grande erreur de ma vie! Est-ce que tu peux me pardonner?
La voix de Véronique reste toujours baissée pour poser
à son mari la grande question;
-- Qui est-elle? Dis-moi.
Guy lui répond sans hésitation,
--C'est Yvette du deuxième étage.
Véronique perd tout son contrôle et elle hurle des mots
jusqu'à ce que son visage devienne tout rouge.
-- Yvette? Yvette?! C’est juste une fille! Ton fils est plus âgé
qu'elle! Avec cette riposte, Véronique lance la bouteille vide vers
Guy, mais la bouteille le manque et vole en éclats sur le mur. Elle
se tourne pour quitter l'appartement mais elle fait une pause pour dire
à son mari,
--Tu me dégoûtes.
Ayant dit cela, elle ouvre la porte et elle quitte l'appartement pendant
que Guy reste sur les genoux. Il sait qu'il doit faire quelque chose, mais
quoi? Sa tête commence à lui faire mal...
Kristen,Danielle, Lesley, Jeff
Les murs blancs étaient couverts d’anciennes photos de sa famille,
toute souriante et heureuse. Si on regardait de près, on pourrait
reconnaître le visage d’une jolie fille de quinze ans avec un petit
chat. C’était sans doute Anne-Sophie quand elle était
jeune, avant qu’elle enterre
son innocence dans une carrière sombre, pleine de secrets que
seulement elle et les morts sauraient.
Mais les murs impeccables
ne dévoileraient jamais qu’elle est maintenant médecin légiste.
Au contraire, l’ambiance de son appartement est très vivante et
moderne. La petite cuisine était nouvelle, rénovée
avec les outils les plus modernes. Une table ronde avec un vase de fleurs,
deux chaises et l’odeur du spaghetti qui pénétrait dans toutes
les pièces de l’appartement. Il serait bientôt l’heure de
manger. La couleur favorite d’Anne-Sophie, le rose, distinguait sa chambre,
où les piles de livres couvraient le sol. Mais la pièce
où Anne-Sophie passait la plupart de son temps, celle qu’elle appelait
« mon laboratoire », était très simple : un bureau,
l'ordinateur, une caméra et un microphone achevait la collection.
C’est ici que nous la trouvons
maintenant, en train d’étudier le cas de la mort de
Madame Bretodeau.
L’ancienne horloge marche
patiemment, marquant six heures du soir avec un carillon musical. Anne-Sophie,
absorbée à regarder quelques images sur son ordinateur, ne
l’entend pas. Elle a éteint toutes les lumières sauf celle
de son bureau, et elle est assise le dos vers la porte.
« Mais c’est bizarre
», murmure-t-elle. « Je peux prouver que ces images révèlent
que Madame Bretodeau n’est pas morte de causes naturelles ». Elle
enregistre sa voix dans le micro, et continue son discours.
« En fait, je peux
me risquer à dire qu’elle était empoisonnée! »
Disait-elle.
Anne-Sophie cesse de parler
brusquement en sentant que quelqu’un est dans son appartement. Elle se
tourne vers le téléphone, mais c’est trop tard ; elle est
frappée sur la tête avec une batte, et l’impact est tellement
fort qu’Anne-Sophie tombe morte immédiatement, tachant le mur avec
le sang qui a giclé de sa blessure. Mais en sortant de l’appartement,
l’assassin avait oublié l’indice qui serait la preuve la plus importante.
Le micro, qui avait été projeté dans l’air, avait
atterri intact sur le sofa. Si seulement la police pouvait le trouver,
tout serait résolu !
Peu de temps après,
Aurélie est venue à cause du bruit qu’elle avait entendu,
et en découvrant le corps d’Anne-Sophie, elle appelle la police.
Les sirènes sont très bruyantes. L’ambulance qui sonne et
les auxiliaires médicaux arrivent. Les gens qui se promènent
dans la rue s’arrêtent pour voir la scène. Il y a une
ambulance et cinq voitures de policiers. Ils demandent aux autres
piétons pourquoi la police est là? Personne ne sait
ce qui se passe. Les auxiliaires médicaux essayent de sauver Anne-Sophie
mais tout le monde sait que c’est déjà trop tard. Malheureusement,
elle est morte. Quelqu’un l’a tuée et maintenant il faut savoir
qui a commis ce crime brutal. Les habitants de l’immeuble veulent
savoir pourquoi la police est là. Ils ont très peur
; quelqu’un a tué Anne-Sophie et la police n’a aucune idée
de qui est le meurtrier. Mais il y a une chose que tout le monde
sait, le meurtrier est l’un d’eux, c’est un des voisins d’immeuble.
Alors chaque locataire qui est présent, jette un coup d’œil aux
autres, et il se demande, « Est-ce que mon voisin est capable de
tuer quelqu’un ? » La police, avec un inspecteur qui s’appelait
M. Colombo, commence à poser ses questions aux locataires.
Bien sûr c’est Yvette
qui est la première suspecte, car c’était Yvette qui avait
découvert le corps d’Anne-Sophie. Elle a téléphoné
à la police, mais les policiers ne savent pas qu’Yvette n’est pas
coupable.
« Pourquoi êtes-vous
venue chez la victime ? » demande l’inspecteur Colombo.
« J’ai entendu un
cri très faible et comme Anne-Sophie est, excusez-moi, elle était
mon amie, j’ai décidé de voir si elle allait bien ou si elle
s’était fait mal. » répond-elle, les larmes dans les
yeux.
« Et quand vous êtes
rentrée dans son bureau, qu’est ce que vous avez vu ? » demande-t-il.
Yvette pleure « Vous
savez très bien ce que j’ai vu ! J’ai vu mon amie morte et
son sang partout ! »
« Je sais que c’est
difficile pour vous, Yvette, mais croyez-moi, on va trouver la personne
qui a fait cet acte brutal et elle va aller en prison.»
Pendant ce temps il y a
un policier qui prend des photos du lieu. Il s’arrête, «
Qu’est ce que c’est? » Sur un coussin du sofa il y a un micro.
Tiens, c’est bizarre non? Pourquoi y avait-il un micro sur le sofa
et pas sur son bureau. Son corps était trouvé assez
loin du sofa. Alors pourquoi est-il là ? Le policier
décide de l’écouter.
La voix dit « Anne-Sophie
je suis désolé mais tu savais trop. Tu as découvert
que ma femme n’était pas morte de causes naturelles. Ce ne
sera pas long avant que tu découvres qu’elle était empoissonnée.
Alors tu appelerais la police et leur dirais qu’il y avait meurtre.
Voilà la raison pour laquelle je t’ai tuée. Je suis
désolé mais il n’y avait pas d’autre moyen. C’était
soit moi, soit toi, et j’ai décidé que ce serait toi. »
Yvette est devenue très
pâle.
« M. Colombo, il y
a un détail que vous ne savez pas. J’avais un amant et je
suis enceinte. Je vous dis ça maintenant parce que c’est la
voix de mon amant qui parle sur la bande, et j’ai peur parce qu’évidemment
il a déjà tué deux femmes. Mon amant est Guy
Bretodeau. »
« Vous êtes
enceinte du bébé de M. Bretodeau !? Le sait-il ? »
Le policier a marqué un moment de pause.
Il a demandé très
sérieusement, « Le savait-il avant la mort de Madame
Bretodeau ? »
« Oui. Je le lui ai dit le soir de la fête de Belle de Glaçon.
Je l’avais découvert il y a une semaine, presque. Donc, j’avais
peur. J’étais confuse. Il m’appelle tous les jours, et toujours
en état d’ivresse. Je ne lui ai jamais répondu. » A-t-elle
confié au policier.
« Je suis partie tôt
de la fête parce que c’était si difficile de voir Guy.
Après la soirée qui s’est terminée à deux heures
du matin, il m’a rendu visite. Je m’étais assise sur le plancher,
sanglotante. Nous étions amoureux pendant huit mois, et j’ai
pensé qu’il m’aimait bien. Mais quand je lui ai dit que j’étais
enceinte de notre bébé, il est sorti en courant. Il avait
peur
aussi, je crois. Mais pour remédier à sa peur, il boit.
»
Les grands yeux bruns d’Yvette
étaient pleins de larmes. Le policier avait pitié pour cette
belle jeune fille, mais il faudrait qu’il se dépêche si son
intuition était juste.
« Où est M. Bretodeau ? Où habite-t-il ?
A quel étage ?» a-t-il demandé.
Un peu étonnée,
Yvette a répondu brusquement « Au premier. Suivez-moi ».
Elle perçoit l’urgence
du policier. Tout le monde qui avait été chez Anne-Sophie
maintenant s’était mis à suivre Yvette et le policier qui
montaient les escaliers, comme une parade sérieuse. Le policier
a frappé bruyamment et avec force à la porte.
« Guy Bretodeau »
a-t-il crié. « C’est la police. Ouvrez la porte immédiatement
! »
Tout le monde attendait
le bruit des pas s’approchant de la porte, mais on n’a rien entendu.
« Guy Bretodeau !
» a crié le policier une fois de plus avant d’essayer d’ouvrir
la porte. Elle n’était pas fermée à clé.
Le policier est entré, revolver sorti, et il a indiqué aux
locataires de rester là. Il a marché lentement vers
les toilettes dont la porte était entrouverte.
« Mon Dieu!»
s’est-il exclamé en entrant.
« Guy ! » a
crié Yvette, en courant vers lui. Elle n’a rien dit en voyant le
corps de Guy, les veines des poignets coupés. Le sang frais couvrait
le plancher et ses vêtements. Pleurant et choquée, Yvette
est sortie des toilettes. Il y avait une lettre sur le lit.
A qui de droit:
J'écris cette lettre pour expliquer les raisons qui ont provoqué
les événements suivants. Jje commencerai au début.
A l'instant où j'ai posé les yeux sur Yvette pour la première
fois, des sentiments se sont déclenchés au fond de mon être.
Ma femme et moi n'étions pas heureux depuis des années.
Nous vivions une vie morose et vide. La routine, le petit train-train
de notre vie hebdomadaire, me laissait engourdi. Tant que la vie
continuait ainsi, je n’étais ni heureux ni malheureux; mais, il
faut dire que j'existais dans un grand VIDE. Ceci a changé
le jour où j'ai rencontré le regard d'Yvette. Son visage
et ses mouvements m'ont ouvert les yeux, et mon cœur a repris son battement.
Cela fait huit mois maintenant que je trompe ma femme avec Yvette. J’ai
pensé que si je pouvais être avec Yvette, je serais heureux,
mais les événements ont mal tourné. La vie que
je menais me rendait encore plus malheureux; je continuais à mentir
à Véronique, ma femme. Je trouvais un peu de consolation
dans l'alcool.
Un soir, après avoir bu un peu trop de whiskey, je me suis disputé
avec Véronique. Dans un acte de colère, je l'ai empoisonnée.
Du fond de mon cœur, je savais que je ne voulais en aucun cas tuer ma femme,
mais l'alcool et mes sentiments de dépression ont altéré
ma capacité de réfléchir clairement. Anne-Sophie,
le médecin légiste, aurait sans doute trouvé la preuve
de mon crime
sur le corps de ma femme. Parce
que je ne voulais pas être attrapé, j'ai décidé
de tuer Anne-Sophie en même temps. Maintenant je vois la folie
de mes idées. Tout ce que j'ai fait est impossible à
oublier et complètement impardonnable. Je ne pourrais jamais
continuer à vivre avec ma culpabilité.
Donc je ne vois qu'une solution, prendre
ma propre vie.
Je suis tellement désolé.
Guy Bretodeau
Alors c’était Guy
Bretodeau qui était le meurtrier. Personne ne peut le croire,
c’était un homme gentil et même un peu timide. Mais
maintenant on sait qu’il a vécu une double vie. Les locataires
étaient étonnées et fâchés. Comment
pouvait-t-il avoir commis ces crimes horribles ?
Quelqu’un en qui tout le monde avait confiance. Désormais
les locataires ne se fient plus en personne. Ils ont vécu
des vies tranquilles et en quelques heures leurs vies étaient bouleversées.
Deux Années Plus Tard
La vie dans l’immeuble n’est
pas encore normalisée. Belle de Glaçon a déménagé
à New York. Elle voulait oublier que c’était sa fête
qui avait marqué le commencement des événements.
Elle ne fait de plus patin. Maintenant elle veut devenir une vedette.
Tiare Captieux est rentrée
à Tahiti et elle habite chez ses parents avec son chat Fifi.
Elle a des cauchemars chaque nuit et elle pleure pour sa maman.
Jean-Pierre habite toujours
dans l’immeuble. C’est bien, parce qu’il n’est jamais chez-lui.
Alors il n’a aucun problème avec le souvenir des meurtres, et en
fait maintenant il vit dans l’ancien appartement d’Anne-Sophie. Il
s’est marié avec une Niçoise et elle est enceinte d’une petite
fille.
Aurélie voit un psychologue
tous les jeudis, parce qu’elle ne peut pas oublier l’horreur d’avoir trouvé
son amie assassinée.
Gaëtan s’est marié
avec Nasima. Ils ont déménagé à la campagne
plus près de l’école où Nasima enseigne. Ils
ont cinq chats qui portent les noms de leurs voisins tués.
Gaétan et Nasima habitent dans une ferme et la nature est bonne
pour leur santé. Gaëtan ne travaille plus pour le gouvernement
mais c’est un fermier heureux.
Ophélie a reçu
récemment une promotion où elle gagnera plus d’argent.
Elle veut ouvrir un hôpital pour les pauvres immigrants. En
ce moment elle fait un voyage en Chine avec son fiancé Philippe.
Jean-Paul Acerbe a décidé
d’écrire un roman policier basé sur l’expérience
des gens de l’immeuble. Il habite toujours dans le même appartement.
Les nouveaux locataires le détestent et il s’en fout.
Parce qu’elle vivait dans
l’immeuble depuis beaucoup d’années, Violette a décidé
d’y rester. Sa vie est déterminée par les train-trains
de la vie quotidienne, donc ce n’était pas dur d’oublier ce qui
s’est passé.
Michelle Moreau, l’espionne,
est allée s’installer dans un autre immeuble plus loin. Elle
espionne une autre personne, comme Guy Bretodeau. Avant de quitter
l’immeuble, elle est devenue très bonne amie avec Amandine Balsara.
Maintenant, elles sont des amis intimes. Amandine aime lire les lignes
de la main de Michelle. Un jour, elle va lui enseigner comment le
faire.
La vue du sang dans l’appartement
d’Anne Sophie était une inspiration pour Monique Gomez. Ses
tableaux ont exprimé ses impressions du meurtre, et ils l’ont
rendue très célèbre et riche. La collection,
qui s’appelle Le Sang est Tellement Rouge, est exposée au Musée
d‘Art Moderne à Beaubourg.
Renée Revoir et Aurélie
Durand ont uni leurs forces et maintenant elles possèdent une boutique
et une ligne de vêtements. Elles habitent ensemble dans un
grand appartement spacieux en haut de la boutique.
Finalement, nous finissons
avec une mauvaise nouvelle…Yvette s’est suicidée parce qu’elle était
trop amoureuse de Guy. Elle a fait une fausse couche à cause
de sa dépression. Certains des locataires croient maintenant
que l’immeuble est hanté.
Auteurs: Verali Beltran, Megan Goode, Dominique Hinds, Alexa Johnson