Le Polar (toujours en quête de titre)


CHAPITRE 1
 

Il est vendredi après-midi, vers cinq heures. Le soleil est à peine visible derrière les grands bâtiments dans la distance. Une brise fraîche accompagne son voyage lent à l'horizon. Etienne rentre à la maison à pied après un long jour de travail et il prévoit une soirée de relaxation dans son appartement confortable. Plus tard ce soir il va travailler comme un Disc-Jockey au « Lizard Lounge », mais la destination immédiate d'Étienne est chez lui. Il lui semble que tout le monde a un motif similaire; la rue est pleine des gens en voiture et à pied. Les tables des cafés sont animées de gens qui parlent et qui boivent, cigarettes aux doigts. Etienne observe la scène et il sent le calme le gagner. Il peut sentir une atmosphère de bons sentiments. Bien sûr, c’est vendredi !
Étienne s'approche du de rue coin familier et il sent la brioche de « The Baker's Dozen »; il salue Mme Rousseau qui pétrit la pâte derrière le verre. Elle lui sourit et arrête son travail pour lui offrir une baguette fraîche. Elle soulève le pain et elle lui fait signe de venir à l'intérieur. Il sourit et fait avec sa tête, " Non, merci ", mais il penche son chapeau avec courtoisie. D'habitude il ne refuserait pas son offre généreuse, mais aujourd'hui sa hâte de rentrer à la maison est très grande. Il est au pied de son immeuble, 3 Place de la Sorbonne.
 Un vent chaud touche son visage tandis qu'il passe devant la porte ouverte du Café Chloé. Le café est une petite pièce – toujours chaude. Même la nuit, le petit comptoir et la salle sont pleins de gens et la vapeur des machines à express épaissit l’air. La chaleur le séduit ; il désire vivement une tasse de café chaud et il ne peut pas résister à cette tentation. Dans le café il salue les gens familiers qu'il voit. Ils échangent les nouvelles et ils parlent du beau temps de l'automne. Il lui plaît de savoir que chacun est charmant comme d'habitude. Sa tasse à la main, il s’approche du comptoir où il la dépose avant d’entrer dans l'immeuble, mais il est arrêté juste au pied de l'escalier pendant un bref moment par Mme Boileau, la concierge.
« M. Pignon, j'ai mis votre courrier sur votre paillasson aujourd'hui parce que vous n'êtes pas venu le prendre récemment. Vos lettres s’accumulaient et je n’avais plus de place. »
 « Merci madame. Je l'apprécie beaucoup. »
Quand il monte les escaliers au cinquième étage, Étienne pense à sa bonne fortune dans la vie. Il y a beaucoup de bonnes choses, comme l'immeuble par exemple. Pour certains, un bel immeuble dans un voisinage pittoresque est suffisant. Mais pour Étienne, des voisins amicaux et une Concierge charmante sont les agréments les plus importants. Quand il est occupé avec le travail pendant la semaine, elle livre toujours son courrier - même jusqu’à son sinistre cinquième étage! Et voilà! Sur son palier le courrier est placé soigneusement sur le pas de sa porte. À sa surprise, il découvre un grand paquet avec ses lettres habituelles.
« Curieux, un paquet est un événement rare. »
Mais il prend la pile de courrier et la porte à l'intérieur de son humble logis. L'appartement d'Étienne, qui vivait seul pour l'instant, était ce à quoi l'on s'attendrait pour un célibataire. Propre, mais modeste. Les nécessaires du quotidien sont présents, mais pas beaucoup de luxe; un divan confortable, deux ou trois oreillers, rien que de la bière et du lait dans le réfrigérateur, un placard stérile et une télévision massive, non - colossale, complète avec un système stéréo. Sur la petite table il y a quelques bouteilles vides de vin d'un dîner de la semaine précédente - la seule occasion pour laquelle il cuisine. Là il place sa serviette et le courrier, et il prend immédiatement le téléphone pour commander une pizza.
Pendant qu'il explique quelles options il veut sur sa pizza, il regarde la pile de courrier. Il y a beaucoup d'articles habituels; une lettre de sa mère, une carte postale d'une ex-petite amie et un certain courrier publicitaire non sollicité. Rien d'excitant. Il raccroche le téléphone et tourne son attention vers le paquet.
« Bizarre. Je n'attendais pas ce paquet. »
 Mais il espère que cela pourrait être une collection de nouveaux CDs pour le « Lizard Lounge », le club où il travaille le plus fréquemment comme Disc-Jockey.  Il sent un peu d'excitation pendant qu'il examine le paquet pour déterminer son origine. À son inquiétude, il constate que la boîte n'était adressée à personne et qu'il manque une adresse de retour aussi. La seule indication du destinataire de ce paquet est l'adresse vague, « 3 Place de la Sorbonne ». Il réfléchit,
« Hmm, c'est anormal. Pourquoi la concierge me l'apporterait-elle quand mon nom n'est pas ici sur le paquet ? »
Il téléphone à la concierge pour résoudre la question.
« Allô ! Ici la concierge. »
« Oui Madame, c’est Étienne Pignon au cinquième étage. Je suis curieux au sujet du paquet vous avez livré pour moi aujourd'hui. Il est anonyme. Arriveriez-vous à vous rappeler qui a envoyé le paquet ? »
« Je suis désolée Étienne. Je n'ai reçu, ni livré de paquet pour vous, donc je n'en sais rien du tout. »
« Dans ce cas, connaissez-vous quelqu'un dans l'immeuble qui attend un paquet? »
« Oui, presque l’immeuble entier attend l'arrivée d'un paquet. Pourquoi n’apportez-vous pas le paquet à ma loge et je commencerai à appeler ceux à qui le paquet peut appartenir ? »
« Je descends avec le paquet tout de suite. »
Et alors Etienne descend les cinq étages comme une flèche. Mais en attendant, la concierge téléphone à la majorité des locataires et les informe que leur paquet tant attendu est arrivé. Au moment où Etienne arrive dans la loge de la Concierge, c'est déjà plein de locataires qui discutent les uns avec les autres. Mario se dispute avec la petite Céline Darcy.
« J’attends une édition spéciale règlement de foot. Je l’attends depuis plusieurs semaines. Le paquet est certainement le mien. »
Céline lui répond,
« J'insiste que mes nouvelles pointes sont dans le paquet ! »
Lin Wo Phan ajoute,
« C'est absolument absurde de se disputer avec une petite fille comme ça! En plus, il n'y a aucun doute que ma nouvelle collection de vernis à ongles pour l'automne est là. Donnez-moi mon paquet ! »
« C’est atroce! Tout le monde sait que ce sont les nouveaux menus pour le Café ! » Chloé dit, très frustrée.
En même temps, Clara Gallegos s'affole.
« Chers voisins. Il faut que je reçoive mon médicament délivré sur ordonnance immédiatement. Vous savez que je suis une pauvre vieille femme malade! »
Sébastien fait la réclamation finale.
« Le paquet contient mes fournitures scolaires pour la classe. Que feront les enfants s'ils manquent des articles nécessaires? »
L'argument continue de la même façon jusqu'à ce qu'Etienne arrive finalement, le paquet infâme dans la main. La foule devient silencieuse. Il sourit largement, amusé par les querelles de ses voisins.
« Tout le monde va bien aujourd'hui, je vois? »
La foule marmonne ensemble une réponse incompréhensible.
« Bon, alors je le laisserai ici et me cacherai pour éviter une blessure sérieuse! Bonne chance ! »
Il y avait eu quelques occasions où Etienne avait vu des batailles semblables parmi les voisins d'habitude paisibles. C’était des situations communes à un immeuble; le chauffage, la climatisation, les robinets qui fuient, des chats disparus ou bien des enfants trop bruyants. Mais les problèmes sont toujours rapidement résolus et tout le monde retourne aux bons sentiments. Quand il part pour se préparer pour son travail du soir, Etienne espère qu'ils pourront réussir encore cette fois. Son cœur est attristé de voir des amis qui se battent pour un paquet insignifiant, mais il serait dommage de ruiner son espoir de passer un vendredi merveilleux.



CHAPITRE 2

Leslie se sentait mal à l’aise à la suite de cette conversation turbulente concernant  le mystérieux paquet que Madame Boileau gardait toujours chez elle en attendant de découvrir à qui il appartenait.  Les voisins eux aussi, voulaient savoir ce que le paquet contenait, certains se demandaient si c’était de la drogue car ils pensaient que Leslie fréquentait un trafiquant de drogue et qu’elle recevait toujours des gens étranges, hommes et femmes qui rentraient chez elle environ dix minutes, ce qui leur donnait l’impression et la preuve que peut-être Leslie vendait aussi de la drogue pour financer son appartement de luxe où elle habitait seule.
Leslie en avait marre, ses tempes lui faisaient mal et elle avait l’impression qu’elles allaient élcater.  Elle faisait les cents pas dans son appartement pour prendre une décision et régler ce problème qui l’avait souciée toute la journée. Enfin, Leslie a décidé d’allez chez Maude pour lui en parler encore une dernière fois après avoir avalé deux aspirines pour soulager le mal de tête et le vertige dont elle souffrait.  Leslie toujours agitée, l’air énervé, sortit de son appartement  et alla frapper à la porte de Maude qui se trouvait au deuxième étage.
Le trajet ne lui prit que quelques secondes, tant elle était agitée.  Lorsque Maude ouvrit la porte, à côté d’elle se trouvait son grand chien berger allemand qui la gardait comme un soldat.  Leslie, voulait repartir immédiatement, elle croyait que le chien pourrait l’attaquer. Pour elle les chiens étaient des animaux mortellement dangereux.  Elle avait une phobie terrible, mais Maude l’a rassurée qu’il ne fallait pas avoir peur, Stella sa chienne, était très gentille.  Cependant, Leslie resta immobile pendant quelques secondes, figée :  elle semblait avoir perdu connaissance temporairement.
Un moment passa dans un silence total dans l’immeuble, puis on s’est remis à entendre les bruits des portes qui s’ouvraient et quelques voix qui chuchotaient: c’était les locataires du 4ème étage.  A ce moment-là Leslie a demandé à Maude de l’acompagner chez madame Boileau tout de suite pour lui démontrer que le paquet avait été livré pour elle.  Elle voulait lui prouver que c’était Marc qui lui envoyait ce paquet.  Elle lui a juré que c’était  son cadeau  d’anniversaire  qu’elle attendait depuis une semaine.  Maude peu convaincue par ce témoignage, voulait en savoir plus.  Elle accepta finalement d’y aller avec elle après avoir eu tous les renseignements personnels sur Marc!  Son âge, sa profession, sa fortune et même sa vie sexuelle avec Leslie !
Une fois Maude satisfaite, elles sont descendues toutes les deux chez Madame Boileau qui avait tout entendu.  Leslie n'était pas du tout surprise, c’était la spécialité de Madame Boileau,  toujours fière de tout savoir.  Lorsque Leslie demanda le paquet à Madame Boileau, elle lui expliqua qu’il lui appartenait.  Elle tira de sa poche une feuille blanche pliée en carré.  C’était le reçu de la poste que Marc lui avait faxé pour faire une réclamation au service de la poste car cela faisait une semaine qu’elle attendait son cadeau d’anniversaire qu’elle n’avait toujours pas reçu.  Madame Boileau refusait, sans faire attention au reçu pour vérifier si c’est vrai.  Madame Boileau dit : « Non-Leslie, ce n’est qu’une copie de fax, je voudrais l’original au moins et de plus il faut que Marc me donne un coup de fil pour avoir plus de renseignements ». Leslie lui a répondu : « Mais cela ne va pas, pour qui vous prenez-vous ?  Si vous insistez, j’appellerai les flics et  l’inspecteur de la poste.  C’est absolument illégal de votre part de faire cela! ».
Madame Boileau, toujours pas convaincue a fermé sa porte, puis Leslie a quitté le palier avec Maude et  s’est dirigée vers la cabine de téléphone public qui se trouvait sur la Place.



CHAPITRE 3

  Gabriel marchait avec un sourire sur le visage plein de confiance en lui.  Alors qu’il marchait, Gabriel a remarqué qu’il faisait beau et que surtout c’était une belle journée.  Ce qui rendait le jour meilleur était toutes les femmes qui le regardaient.  Gabriel savait qu’il était très beau, chic, et plein de charme, et il était accoutumé à toute l’attention.  Mais, spécifiquement ce jour-là, l’attention semblait assez fréquente.  Gabriel aimait beaucoup l’attention, mais ce n’était pas la raison pour laquelle il avait commencé à marcher plus rapidement.  En fait, il venait de se rappeler quelque chose qui était arrivé plus tôt.
Il venait juste d’une réunion avec une société de poésie où il avait discuté de poésies et d’autres types de littératures.  Cela le rendait toujours heureux et en plus de ça, il avait entendu dire qu’il recevrait bientôt du courrier.  Dans moins de deux jours, il recevrait des recueils des poésies de sa classe de littérature dans un paquet sans adresse – comme tous les recueils qui lui avaient déjà été envoyés.  Gabriel voulait vraiment rester sur la place pour parler avec des femmes, mais l’idée de recevoir un paquet a surmonté le désir de parler.  Alors, Gabriel a essayé de se focaliser sur la rue jusqu’à ce qu’il arrive à son appartement.
Sa concentration était interrompue, cependant, quand il est arrivé à son immeuble et a entendu des voix fortes venant juste de l’intérieur.  Quand Gabriel a ouvert la porte, il a vu Leslie et Maude.  Elles étaient en train de se disputer, quand Maude, soudainement, a quitté Leslie, pleine de fureur.  Etonné par l’événement dont il avait juste été témoin, Gabriel est resté où il se tenait un instant.  Puis, il a vu Leslie et il a décidé de trouver ce qui venait de se passer.  Gabriel commençait à s’approcher d’elle, quand celle-ci l’a remarqué.  Leslie l’a regardé avec confusion comme il mettait la main sur son épaule avec compassion.
«Allez-vous bien Leslie?  Qu’est-ce qui s’est passé?»  Gabriel la regardait attentivement pendant qu’il parlait.
«Oui, je vais bien.  Ne vous inquiétez pas!»  Elle s’est déplacée légèrement vers la gauche pour que sa main tombe de son épaule.  «Maude et moi, nous avons eu un argument, c’est tout.»
«À quel sujet?»  Gabriel s’est encore rapproché d’elle, mais son regard soucieux a tellement masqué ses actions que Leslie n’a pas remarqué son mouvement.
«Rien, vraiment.  Je suppose qu’elle est jalouse que le paquet soit pour moi et pas pour elle,»  a dit Leslie en gesticulant légèrement les épaules.  Elle a regardé Gabriel, et en voyant le regard de perplexité sur son visage, elle savait qu’il n’était pas au courant du paquet auquel elle se référait.  «Vous ne connaissez pas le paquet dont je parle?»  Gabriel n’a rien dit.  «Aujourd’hui un paquet a été laissé dans l’immeuble sans nom à côté de l’adresse.  Tout le monde pense que le paquet est à eux, mais je sais que le paquet était envoyé ici par mon petit copain.»
Gabriel a pensé un instant, et tout à coup, il s’est rappelé les recueils que la société lui envoyait.  «Non, non, non ma chère!  Vous avez tort!  Le paquet n’est pas de votre petit copain, le paquet est pour moi.  La société de poésie dont je suis membre m’a envoyé des recueils de poésies.  Tous les paquets qu’ils m’ont envoyés jusqu’à présent n’ont jamais eu de nom et c’est la raison pour laquelle le paquet d’aujourd’hui n’a pas de nom non plus.»
«Qu’est-ce qui vous rend si sûr que le paquet est à vous et pas à moi?»  Leslie lui a demandé en mettant un peu de distance entre eux.
Gabriel a mis la main sur le mur derrière elle, tout en se penchant vers elle, «Calme-toi!  Je ne sais que le paquet est pour moi parce que j’attends quelque chose.  Et toi, attends-tu quelque chose?»  demanda-t-il d’une voix plus familière.
Leslie ne lui a pas répondu, au lieu de cela, elle a regardé loin de lui comme si elle était honteuse d’attendre pour rien.
Gabriel a balayé sa joue avec sa main et lui a dit, «Tu sais, je peux te lire un peu de ma poésie, si tu te sentiras mieux.  Je suis un homme très doux et je sais que ma poésie pourrait t’aider à oublier le paquet de ton petit copain que tu n’as pas reçu.»
Immédiatement, elle s’est éloignée de lui avec un regard de dégoût.  «Pardonne-moi, Gabriel, mais je dois partir.  J’ai un rendez-vous avec Lin pour recevoir un manucure. »  Et en vitesse, Leslie a quitté Gabriel qui se tenait encore la main contre le mur.
Ne sachant que penser de la situation, Gabriel a décidé d’aller à son appartement.  Il avait l’intention de sortir avec sa nouvelle petite amie ce soir-là, alors il pensait qu’il devrait prendre un bain et changer de vêtements.  Il savait que le paquet était pour lui, mais il pensait qu’il le réclamerait plus tard pour ne pas être en retard pour son rendez-vous.  Et là-dessus, il a monté les escaliers.
Leslie était encore dégoûtée en marchant dans la rue vers le salon de beauté pour son rendez-vous avec Lin, une manucure, qui habitait au troisième étage de l’immeuble.   Elle ne pouvait pas croire la façon dont Gabriel de la Cruz se comportait avec les femmes.  Ses manières étaient complètement vulgaires et impolies.  Il semblait être un homme assez sympa au premier abord—il était poète, on aurait pu penser qu’il était gentil et romantique, mais malheureusement,  Leslie voyait seulement un homme qui était très désespéré.
Elle marchait vivement vers le salon, un peu frustrée et un peu soucieuse parce qu’elle savait que le paquet avait été envoyé par son petit-ami Marc.  Le paquet était probablement un cadeau pour elle, peut-être une peinture ou un dessin, probablement un cadeau créatif parce qu’il était artiste.  Elle voulait ouvrir son cadeau, mais à cause des autres personnes dans l’immeuble, elle ne pouvait pas le faire.  Marc était très romantique et donnait toujours des cadeaux à Leslie. Ce paquet était un peu plus important parce qu’ils avaient eu un petit désaccord la semaine précedent et c’était la raison pour laquelle le cadeau était une surprise mystérieuse. Après sa rencontre avec Gabriel, une visite chez la manucure serait une bonne idée parce que Lin pourrait lui donner de bons conseils.
Leslie a ouvert la porte du salon de beauté qui était assez proche de l’immeuble. L’odeur du shampooing et du vernis à ongles l’ont un peu étourdie.  En voyant Lin, elle s’est avancée vers son petit bureau.  C’était sa troisième visite à Lin pour une manucure; Leslie le faisait quand elle avait une performance de danse ou un événement important.  Elle s’amusait bien quand elle allait là-bas.
Lin était à sa table, finissant les ongles d’une autre femme. «Leslie, Leslie!» elle criait comme toujours, «Ça va mon amie ?  Je suis heureuse que tu sois venue.  Un moment, j’ai presque fini.»
«Merci Lin» dit Leslie assez doucement.  Quand le siège est devenue vide, Leslie s’est assise devant Lin dans la chaise.  En voyant que Leslie semblait un peu préoccupée, elle lui a demandé ce qui s’était passé.  «Lin, est-ce que tu as entendu la nouvelle de l‘histoire du paquet mystérieux de notre immeuble?»
«Non, je n‘ai pas entendu l’histoire de ce paquet.  On ne sait pas qui est le destinataire ?  C‘est un peu bizarre, non?» Lin a remarqué, mettant les mains de Leslie dans un bol plein des bulles de savon.  Lin était toujours intriguée par les affaires des autres.
«Oui Lin, toute l‘histoire est bizarre, comme quelqu’un que nous connaissons qui habite au cinquième étage.»  Avec ça, Leslie a décrit toute l’histoire à Lin sans manquer un mot—depuis qu’ils l’avaient trouvé et qui pensait que le paquet était à eux.  Leslie ne pouvait pas oublier sa rencontre avec Gabriel de la Cruz et comment il pensait que le paquet était des poésies envoyées par sa société des poètes.  «Lin, je pense que Gabriel est dégoûtant et je suis toujours gênée par lui.  Il flirte avec moi, mais, quand je dis quelque chose, comme ‘mon petit ami’, il ne peut pas m’entendre parce qu‘il parle de ses poèmes sur la vie d’un toréador combattant ses taureaux. Et aujourd’hui, il a mis la main sur mon épaule !  Je souhaite qu’il y ait quelque chose que nous puissions faire pour lui donner une leçon.»
«Je suis d’accord avec tout ce que tu dis.  Gabriel a les manières d’un gros cochon.  Il n’est pas poète, c’est vraiment un cochon sexiste et éhonté.  C’est pouquoi il a besoin de Viagra!  Il a seulement 32 ans et je sais qu’il prend le Viagra tous les jours.»  D’une manière ou d’une autre, Lin apprenait beaucoup d’information personnelle sur les gens dans l’immeuble.
«Viagra! Ha! Pauvre homme, Gabriel!  C’est évident, non?  Et comment as-tu appris cette information, mon amie Lin?»  Leslie était très curieuse de voir si Lin disait la vérité.  Commençant à limer ses ongles, Lin a raconté l’histoire.
«Je ne sais pas.  Mes sources sont secrètes.  Si je te le dis, je devrai te tuer!  Non, non, non, je blague.  Un jour, je pense qu’il y a deux semaines, j’ai vu Gabriel qui était en train de descendre les escaliers avec deux grands sacs pleins de ses ordures.  Je suis toujours polie donc je lui ai dit bonjour et nous avons échangé quelques mots, quand le sac s’est ouvert et toutes ses ordures se sont renversées dans les escaliers.  Il était un peu embarrassé et je l’ai aidé à ramasser son gâchis.  Qu’est-ce que j’ai vu sur le plancher, directement devant moi?  Deux boîtes de Viagra, complètement vides.  Je voulais être polie, donc, je n’ai rien dit et je pense qu’il ne sait pas que je sais qu’il utilise du Viagra! C’est mon petit secret.  Je pense que c’est incroyable qu’il se comporte comme un Don Juan quand il doit prendre des pilules pour faire l’amour!»
«Lin, tu es trop amusante, tu as toujours quelque chose d’intéressant à dire.  Je me sens mieux maintenant.  Ha!»  Leslie ne pouvait pas cesser de rire.  Les ongles presque finis, Lin et Leslie bavardèrent encore et quand elles ont eu fini, Leslie a remercié Lin. Elle est sortie avec un grand sourire sur le visage.  Elle  pensait qu’elle ne pourrait pas voir Gabriel de la Cruz de la même façon et elle savait que maintenant elle pourrait lui faire quelque chose de très méchant.
Après sa manucure, Leslie a décidé de retourner à l’immeuble.  En route, elle devenait de plus en plus fâchée.  Elle était déterminé à dire à toutes les personnes dans l’immeuble que le paquet était vraiment une boîte de Viagra pour Gabriel.  Dès qu’elle est entrée dans l’immeuble elle a vu une femme étrange.  Elle avait les cheveux blonds, les yeux bleus, les jambes longues, une jupe très courte et une chemise très chic.  Elle est la femme typique pour Gabriel, pensait Leslie.
«Bonjour, puis-je vous aider?» a dit Leslie.
«Ah, oui.  J’ai un rendez-vous avec un homme, Gabriel, savez-vous où il habite?» a répondu la femme.
Leslie s’est souri, elle avait raison!  La femme était parfaite pour Gabriel!  «Oui.  Je sais où Gabriel habite, mais comment vous appelez-vous?»
«Oh, je suis désolée, je m’appelle Françoise.»
«Vraiment!  J’adore le nom Françoise!  Ma meilleure amie s’appelle Françoise.  Mais avant je vous dise où Gabriel habite, je dois vous dire quelque chose.  Juste entre nous, Gabriel a un petit problème.  Je ne sais pas tous les détails, mais je sais qu’il doit prend ces pillules bleus, vous savez…le Viagra.  En fait, aujourd’hui il a reçu un paquet sans marques, et vous savez que les paquets sans marques sont toujours des choses secrètes ou très privées!»
“Non!  Etes-vous sérieuse?!  Je ne veux pas d’un homme qui doit prendre du Viagra, je veux un  homme, un vrai, un homme très masculin—pas un homme avec un problème comme ça!  Je dois annuler notre rendez-vous tout de suite!»
«Oh, je suis d’accord avec vous.  Je ne sortirais pas avec un homme qui prend du Viagra.  Gabriel habite sûr le cinquième étage si vous voulez le voir maintenant.»
«Merci beaucoup de m’avoir aidée, je parlerai avec lui—je ne sors jamais avec un homme qui prend du Viagra!»
«C’est une bonne idée, et bonne chance!»  Leslie étais heureuse—son travail était fini.  Maintenant elle attendrait le grand drame!
Pendant ce temps, Gabriel, dans son appartement, était prêt pour son rendez-vous.  Quelqu’un a frappé à la porte.  Il a ouvert la porte et c’était Françoise, sa petite amie.  «Bonsoir Françoise.  Tu es très belle ce soir!» a dit Gabriel.
«Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu prenais du Viagra?!» a crié Françoise.
«Comment?  Je ne prends pas de Viagra. Qui t’a indiqué cela?»
«Cela n’importe pas.  Je veux annuler notre rendez-vous et tout rapport avec toi!  Au revoir!»  Elle est partie et s’est précipitée en bas des escaliers.
Gabriel l’a suivie jusqu’en bas.  «Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai.  Je ne prends pas de Viagra!  Reviens!  Ce n’est pas vrai!» criait-il en s’essoufflant.
Tous les voisins ont entendu les voix fortes et ont ouvert leurs portes pour voir ce qui se passait.  Ils ont observé son départ de l’immeuble et se sont demandé ce qui s’était passé.  Ils ont entendu que Gabriel a dit, «Viagra», et ils ont commencé à se poser des questions…  «Peut-être que Gabriel prend du Viagra?,» ont chuchoté les voisins.  Gabriel a entendu ce qu’ils disaient et il est devenu fâché.
«J’ai dit que je ne prends pas de Viagra— c’est juste un mensonge!  Elle ne sait pas ce dont elle parle!  Croyez-moi, ce n’est pas vrai!  …Très bien! Ne me croyez pas, mais quand vous ouvrirez ce paquet, ce ne sera pas du Viagra!  Jusque-là je vais rester dans ma chambre!»  Gabriel  a claqué sa porte et a allumé sa musique très fort.
Les voisins n’ont  pas su quoi faire.  Lentement ils sont revenus à leurs appartements et ont fermé leurs portes.  Peut-être que le paquet était du Viagra, mais peut-être pas.  Bientôt le mystère serait résolu.  Mais jusque-là, ils devraient écouter la musique très forte de Gabriel!


CHAPITRE 4

Juste quand on pensait que cette affaire ne pouvait devenir plus compliquée, un autre habitant de l’immeuble, Christophe, pense que le paquet lui appartient.  Il essaie de convaincre Madame Boileau et Etienne que le paquet sans aucune adresse est son nouvel uniforme de foot.  Christophe a même téléphoné à l’entraîneur et il lui a dit qu’il avait apporté le paquet chez Christophe.  L’entraîneur a frappé à la porte de Christophe et après quelques minutes personne n’ayant répondu, il a décidé de laisser le paquet non-marqué devant la porte.
 Il raconte donc à Etienne qu’il vient de réussir un entraînement de foot très difficile. C’est un club de foot qui est plus compétitif et le niveau de foot est supérieur à l’autre équipe pour laquelle il jouait l’année dernière. Son nouvel entraîneur, qui était champion du monde de foot, a suggéré que peut-être l’équipe jouerait mieux s’ils avaient de nouveaux uniformes. Christophe a proposé que les uniformes soient bleu, blanc et rouge pour que l’équipe puisse montrer du soutien pour la France et les couleurs nationales. Les entraîneurs et ses camarades ont bien aimé l’idée alors l’équipe a choisi de porter ces uniformes tri-colores.
Sur ces entrefaites, il entend Céline qui descend les escaliers.  Céline Darcy  est en colère avec Christophe Versailles à cause d’une petite dispute à la boulangerie « Baker’s Dozen ». Elle était fâchée à cause des méchancetés qu’il lui avait glissées dans l’oreille. Il lui avait raconté qu’elle deviendrait très grosse si elle continuait à manger les beignets aux abricots qu’elle aimait tellement. Céline était très embarrassée parce que Christophe lui avait dit ça à haute voix.  Tout le monde dans la boulangerie l’avait entendu et elle édtait devenue toute rouge et avait commencé à pleurnicher. Elle voulait absolument se venger contre cette espèce de voyou et elle se faisait une joie de lui faire du mal (et quelques chagrins).
Elle se rend compte que l’évènement qui se passe dans l’immeuble est parfait et elle saisit l’occasion. Elle raconte à la concierge et aux autres locataires de l’immeuble qu’elle est certaine que le paquet est pour Christophe. Elle se vante d’avoir vu Christophe en train de lire des magazines pornos. Et elle l’a même vu arracher la carte d’abonnement. On sait très bien que ces sortes de choses viennent souvent dans une boîte non marquée. Bientôt, tout le monde est au courant des mauvaises habitudes de Christophe et ils croient la rumeur.
Malheureusement, la concierge a profité de la situation pour pouvoir raconter l’histoire de Céline à la maman de Christophe.  Sa mère était très embarrassée et elle ne savait pas quoi dire.  Elle ne savait pas que son fils aimait lire des magazines pornos. Elle était fâchée contre Christophe parce que cette histoire  reflétait le travail quelle avait fait comme mère. Toutes les dames dans l’immeuble penseraient maintenant qu’elle était incapable d’être une bonne mère. Christophe a essayé de se défendre de cette accusation contre tout le monde et sa mère protestant que cette histoire n’était pas vraie, mais personne ne le croyait. Maintenant, Christophe déteste Céline même plus qu’avant, et il veut se venger d’elle.
Quelques jours après cette scène, Christophe a vu Céline qui partait pour son cours de danse et il l’a arrêtée dans l’escalier. Il lui a demandé si la pièce de dix francs par terre lui appartenait. Quand elle s’est baissée pour la ramasser, Christophe a mis un morceau de chewing-gum sur chacun de ses chaussons de danse. Christophe se sentait mieux mais il n’avait pas fini de se venger.
Christophe étant triste de ne pas encore avoir son uniforme a téléphoné à l’entraîneur pour savoir s’il avait encore le numéro de l’appartement ou il avait déposé le paquet. Il n’a pas pu trouver le numéro mais il savait que c’était au troisième étage, la première porte à gauche. Mais c’était l’appartement de Lin Wo Phan ! Christophe l’a remercié pour l’information qu’il aurait du demander au début de cette histoire. Après avoir raccroché le portable, Christophe est allé frapper à la porte de ces voisins. Quand la porte s’est ouverte, Christophe n’y croyait pas. Lauban, le fils de Lin Wo Phan, portait un uniforme tri-colore mais ce n’était pas le maillot de l’équipe de la France…
Christophe était très fâché et il ne comprenait pas ce qui se passait.  Lauban lui dit que sa mère lui avait acheté le maillot de l’équipe de France parce qu’il avait commencé à jouer dans une équipe de foot.  Christophe s’en est allé chez lui, mais en passant devant un appartement, il a entendu parler d’une note qui était sur la porte de la concierge.  Il a descendu l’escalier comme une flèche et s’est précipité vers la porte de la concierge pour voir la note.


CAPITRE 5

La concierge avait placé une note sur sa porte.  La note disait « Important !  Rendez-vous à tous les locataires ce soir à 20h00 au Café Chloé pour résoudre le mystère du paquet.  L’apéritif sera offert à tous. »  Le reste de l’après-midi, les locataires ont continué à deviner le contenu du paquet.
 À huit heures du soir, tous les locataires buvaient des apéritifs et mangeaient du fromage et des fruits.  Tout le monde dans l’immeuble était là, sauf Etienne et le paquet.  On est devenu agacés et on a commencé à soupçonner qu’Etienne avait décidé de garder le paquet et son contenu pour lui-même.  Cinq minutes après, Etienne est arrivé.  Tous les locataires lui ont demandé pourquoi il est arrivé en retard, et il leur a dit qu’il voulait être sûr que tout le monde suit arrivé avant lui parce qu’il ne voulait pas que quelqu’un le force à ouvrir le paquet avant que tout le monde arrive.  Les locataires lui ont fait des excuses d’avoir douté de sa parole.
 Etienne a demandé l’attention de tous et leur a demandé s’ils avaient d’autres suppositions sur qui était le propriétaire du paquet et ce qui était dedans.  Léslie croyait vraiment que le paquet était un cadeau de son petit ami.  Etienne dit que tous savaient déjà que cette idée était improbable.  Maude disait qu’elle était d’accord parce que Léslie n’avait pas de petit ami.  Léslie ajouta que Maude était amère parce que sa  meilleure amie avait volé son petit ami.  Gabriel pensait toujours que le paquet contenait ses poèmes.  Personne ne le croyait pas parce que l’idée était ennuyeuse.  Lin a trouvé nécessaire de rappeler à tous les locataires que peut être c’était le Viagra de M. De La Cruz.  Tout le monde était d’accord parce qu’on savait qu’il en avait vraiment besoin.  Christophe n’a pas compris ce qu’est le Viagra.  M. De La Cruz a dit que Christophe a menti, et qu’il savait ce qu’est le Viagra parce qu’il attend ses mauvais magazines.  Il a commencé à pleurer parce que c’était son secret.  Etienne dit que le paquet ne pouvait pas être ce genre de magazines parce qu’ils sont envoyés dans un autre type de paquet.  En plus, il s’est rendu compte que personne n’avait de nouvelles idées, donc il fallait ouvrir le paquet.
 Qui ouvrirait le paquet ?  Clara dit qu’elle est la plus âgée donc elle devait l’ouvrir.  Christophe n’était pas d’accord parce qu’il est le plus jeune.  Il voulait l’ouvrir, pas Clara.  On a dit que c’était seulement pour cacher ses magazines.  Il criait qu’il ne recevait pas de ces magazines.  Chloé avait offert une tournée et tout le monde était dans son café, donc c’était à elle de l’ouvrir.  La concierge a interrompu la discussion et a dit qu’Etienne avait le droit de l’ouvrir parce qu’il l’avait reçu.  Tout le monde était d’accord donc Etienne l’a ouvert.
 Etienne a mis la boîte sur une table au milieu du Café. Il l’a déballée soigneusement. On pouvait voir la déception sur son visage. Il a annoncé que dedans il y avait une autre boîte.  Dans cette boîte il y avait une autre boîte, et une autre boîte et une autre boîte.  Finalement, Etienne a ouvert la dernière boîte.  Il était étonné quand il a vu beaucoup de billets.  Tout le monde lui demandait pourquoi il était si étonné, et il a annoncé qu’il y avait beaucoup d’argent dans la boîte.  Etienne a compté les billets, et il a découvert qu’il y avait 500,000 francs dans la boîte.  Personne ne pouvait le croire.  Qu’est-ce qu’on ferait avec l’argent ?  Tout le monde avait des idées différentes pour le  dépenser.
 Lin a dit que l’argent était pour elle.  Ses enfants n’ont jamais vu le Vietnam, d’où elle est venue.  Elle ne gagne pas assez d’argent comme manucure, donc c’était un cadeau pour ses enfants.  On pensait que c’était gentil de donner l’argent aux enfants, mais Angélique ne l’acceptait pas.  Elle est jeune, donc pourquoi l’argent, n’était-il pas pour elle?  Elle aurait pu acheter une nouvelle maison – ou une petite boîte – pour son frère.  Immédiatement sa mère l’a punie, et tout le monde a décidé qu’il ne fallait pas donner l’argent aux enfants de quelque famille que ce soit.  Gabriel a pensé qu’il aurait pu utiliser l’argent pour son livre de poèmes parce que ce n’est pas ce qui était dans le paquet.  Christophe était ennuyé qu’on se moque toujours de l’idée des magazines, donc il a demandé si le livre que Gabriel voulait était expédié dans cet autre type du paquet.  Gabriel a dit oui, puis il a réalisé ce que cella impliquait, donc il a commencé à expliquer que la poésie est envoyée dans le même type de paquet que les magazines.  Malheureusement, personne ne le croyait, et tous les locataires pensaient que Gabriel recevait des magazines pornos, et que, quand il avait fini de les regarder, il les donnait à Christophe.  Ce soir-là, Christophe a eu une conversation très longue avec ses parents.
 Maude a eu la super idée que l’argent était pour elle.  Elle venait d’entendre parler des ventes de garage où on achète des trucs, donc elle voulait utiliser l’argent pour acheter un billet pour aller aux États-Unis.  Presque tous ses voisins aimaient l’idée qu’elle parte parce qu’elle était un peu étrange, mais après un moment, ils ont réalisé qu’elle serait retournée avec plus des choses et que probablement, elle aurait été encore plus étrange.
 Céline, qui danse toujours, dit qu’elle voulait l’argent pour des leçons privées de danse.  On n’était pas d’accord parce qu’elle dansait déjà bien, et qu’elle n’avait pas d’amis.  Si elle prenait des leçons privées, elle ne pourrait pas rencontrer d’autres jeunes gens.  Isabelle Vasseur avait des intentions personnelles aussi.  Elle voulait l’argent pour la boulangerie.  Tous les locataires s’arrêtaient au Café Chloé, mais ils n’achetaient guère de ses oeuvres.  Elle ne gagnait pas assez d’argent donc elle voulait avoir l’argent pour l’aider à démarrer.  L’idée de Mario était plus vicieuse.  Il n’aurait pas laissé l’argent dans l’immeuble.  Il voulait déménager et l’argent pouvait être un grand paiement pour une maison.  Tous les autres n’aimaient pas cette idée.  Ce n’était pas juste du tout pour eux.  Sébastien, l’instituteur, voulait utiliser l’argent pour amener ses étudiants au sud de la France pour pêcher.  Ils auraient pu louer un petit bateau dans la mer méditerranée.  Les locataires voulaient partir en vacances eux-mêmes, donc ils ne voulaient pas laisser l’argent aux enfants.  C’était trop proche de l’idée de Lin.
Clara pensait que l’argent pouvait servir à acheter des cadeaux à ses petits-enfants, et aux enfants qui habitent dans l’immeuble.  Ils pourraient avoir une boum pour tous les enfants.  Elle pouvait acheter des gâteaux, des bonbons, des ballons, et des autres choses pour que les enfants s’amusent.  Tous les locataires ont ri de cette idée, et quelques locataires disaient que c’était la plus mauvaise idée qu’on pouvait imaginer.  Chloé a dit qu’elle avait une très bonne idée aussi.  Elle suggéra qu’avec l’argent, elle puisse acheter de nouvelles choses pour le café, et peut être qu’elle pourrait finalement prendre des vacances.   L’idée n’était pas acceptée par les locataires, et tous se demandaient pourquoi Chloé pouvait prendre des vacances et pas eux.  Tous étaient d’accord avec ça, donc cette idée était abandonnée.  Tout de suite, Leslie a crié qu’elle avait la réponse au problème.  Elle suggéra qu’elle puisse créer un nouveau studio de danse pour ses leçons.  Si elle avait beaucoup d’argent, elle pouvait créer le meilleur studio de toute la France.  Personne ne s’est intéressé à cette idée, parce que la danse n’était pas importante pour eux.  Céline était la seule personne qui montrait de l’intérêt, mais sa mère lui dit qu’elle était contente avec son professeur de danse, et qu’elle ne devait pas changer de professeur.  Selon la mère de Céline, c’était une très mauvaise idée.
 La prochaine idée venait de Cédric, le cheminot.  L’idée de prendre des vacances lui plaisait, mais il a ajouté une autre idée.  Il croyait qu’avec l’argent de la boîte, il pouvait acheter un train, et donc, tous les locataires pouvaient prendre des vacances quand ils voulaient, et où ils voulaient.  Il pouvait être le cheminot de ce train, donc il prendrait des vacances aussi.  Tout le monde savait qu’on ne peut pas acheter un train avec 500.000 francs, donc ils ont abandonné cette idée très vite.  Cédric était triste parce que son rêve est d’avoir un train, mais son idée ne marchait pas.  En théorie c’était une bonne idée, mais une idée que ne marcherait pas.  Isabelle, qui travaillait au Louvre, disait qu’elle voulait acheter une œuvre d’art.  Elle n’était pas sûre quelle œuvre elle voulait, mais elle voulait en acheter une.  Personne n’aimait son idée, mais elle leur dit que peut-être ils pouvaient la pendre dans un des couloirs de l’immeuble.  Tous savaient que ça ne marcherait pas, donc ils ont oublié l’idée d’Isabelle.  L’idée suivante venait de Christophe.  Il était amer, mais il disait que tous les locataires pouvaient aller à un match de foot.  Il aimait l’idée, et Mario aussi, mais ils étaient les seuls qui l’aimaient.  Aucune des femmes n’aimait le foot, donc cette idée ne marchait pas.  Après Christophe, Etienne a donné son idée.  C’était lui qui avait reçu la boîte, donc il croyait que l’argent était pour lui.  Il pouvait faire beaucoup de choses avec l’argent, et il avait le droit parce que la boîte était trouvée sur son seuil.  Personne n’était d’accord avec lui, parce que la boîte n’avait pas son nom, donc ils ont continué à discuter.
 Mme Boileau, qui avait été très silencieuse jusqu’à ce moment-là, s’est tournée vers tous et a dit avec une grande émotion <<J’ai une idée magnifique!>>  Tout le monde a arrêté de parler et on a tourné son attention vers elle.  Mme B. a continué <<Vous savez que toujours il y a une personne ou autre qui se plaint de la condition de l’immeuble. Souvent j’entends quelqu’un qui dit qu’il n’y a pas assez de lumière dans la cage d’escaliers ou que les machines à laver au sous-sol sont très vieilles et ne fonctionnent plus. Avec cet argent nous aurons l’occasion de changer cela. >>  Pendant un moment personne n’a rien dit. Mme Boileau était étonnée que personne n’avait réagi comme elle avait prévu. Avec une voix très basse Cédric a dit <<Vous voulez utiliser tout cet argent pour l’immeuble?>> Tous en même temps les locataires ont commencé à réagir à l’idée. Plusieurs des locataires pensaient que c’était une bonne idée mais il y en avait d’autres qui n’étaient pas d’accord.
Etienne, qui croyait à l’importance de la démocratie, a décidé que la seule façon de décider ce qu’on pouvait faire avec l’argent était de voter.  Il a  dit << Il y a seulement deux choses que nous pouvons faire avec l’argent.  Nous pouvons le diviser également entre les locataires de l’immeuble et la concierge donc 500,000 francs divisés entre les seize appartements serait 31.240 francs ou sinon nous pouvons l’utiliser comme Mme Boileau avait suggéré. Peut-être que si nous faisons cette chose, nous pourrions aussi faire un don a un oeuvre de bienfaisance >>  Tous ont pris un peu de temps pour discuter ces options avec leurs familles.  Quand la vote a eu lieu 15 familles ont décidé d’utiliser l’argent du paquet pour améliorer l’immeuble.  La seule personne qui ne voulait pas le faire était  Léslie. Elle voulait avoir les 31 mille francs pour faire un voyage à New York.  Tous les autres locataires l’ont convaincue de changer d’avis. Finalement le vote a été unanime.
Après avoir élaboré toutes sortes de théories sur le contenu du paquet, on savait finalement ce qu’il y avait dedans. Le mystère était résolu de la meilleure façon possible. L’immeuble entier avait gagné quelque chose et, bien que tous les locataires aient eu d’autres idées pour dépenser cette grande somme d’argent, les améliorations de l’immeuble et le cadeau d’argent fait à l’orphelinat ont donné beaucoup de plaisir à tous.

Le plaisir était tel qu'il avait fait oublier une question primordiale... d'où pouvait bien provenir cet argent et à qui était-il réellement destiné?