Monique Gomez
Je m’appelle Monique Gomez et j’ai 29 ans.
Je suis née á Paris où j’ai habité
toute ma vie. Ma famille est d’origine
Mexicaine mais nous habitions en
France depuis cinquante ans. Je suis
un peintre qui a beaucoup d’admirateurs
(pour mes portraits et pour ma personnalité).
Mais parce que je suis jeune, je
ne gagne pas beaucoup d’argent. Le
fait d’être un peu pauvre ne me fâche
pas. J’aime ce que je fais.
J’aime la peinture et j’aime ma ville. Je
rencontre beaucoup de gens intéressants
dans ma ville. Je les invite chez moi
et je les peins. Les personnes
que je choisis sont tous des hommes.
Les hommes sont plus faciles à peindre
que les femmes pour moi. Ils sont d’accord avec
tout ce que je leur dis. Je crois
que c’est parce qu’ils aiment mes cheveux
frisés blonds que je porte longs
et ils aiment ma petite taille et mon visage
innocent. Mais ça ne m’importe
pas. La seule chose qui compte est qu’ils me
laissent les peindre. C’est tout
ce que je veux. Ils me disent que je suis
très belle…mais je ne les crois
pas. Ce que je crois est le fait que je suis
vraiment talentueuse. Je peux être
un peu égoïste quand cela se rapporte à mon
art.
J’ai mes chefs-d’oeuvre sur tous les murs de mon petit appartement.
Je
peins sur des petites toiles pour pouvoir
les garder là (les petites toiles coûtent moins cher
aussi).
Pour cette raison, je n’ai pas beaucoup de meubles.
Mon lit est petit mais très confortable.
Il est très important que mon lit
soit confortable parce que je me suis faire mal au dos quand
j’avais dix ans. C’est quand je commençais
à peindre. Mon premier chef-d’oeuvre était un
autoportrait de ma douleur. Le titre était
“Les Petits Pois.” Je crois que ma condition me
donnait la capacité de voir profondément
dans les pensées des gens.
J’ai des portraits (tableaux de visages
ou d’autres partie du corps) des hommes que
j'amène à mon appartement.
De temps en temps, quand il fait chaud, j’ouvre ma
porte et ma petite fenêtre pour laisser
circuler l’air frais. Quand mes voisins
passent devant la porte de mon appartement,
ils n’aiment pas ce qu’ils voient. Je
crois que mes voisins ne m’aiment pas (surtout
les femmes). Ils doivent ne pas
aimer mes chef-d’œuvres. Mes portraits
sont uniques et différents. Je ne
vends pas beaucoup de mes tableaux, toutefois
il ne faut pas gagner beaucoup
d’argent pour habiter dans mon immeuble.
Je vends deux ou trois tableaux ici
et là, mais la majorité de
mon argent vient de mes amis.
J’ai beaucoup d’amis. Ils me donnent
de l’argent parce qu’ils apprécient mon
art et ils savent que je ne peux pas fatiguer
mon dos avec d’autres travaux
communs. Ils savent que je peux être
un grand peintre un de ces jours. Mes
tableaux ne sont pas des « copies
» exactes de leurs physiques parce qu’ils
exposent plus que ça. Ils
exposent la vérité des âmes de ces hommes. Je
crois
que je suis une artiste dans toute l’acceptation
du terme. Mes tableaux ne
sont pas comme les autres. Bien que
je sois jeune, j’ai beaucoup vécu. Je
voudrais que vous sachiez que je suis très
indépendante. J’ai vécu seule
presque toute ma vie parce que mes parents
se sont suicidé quand j’étais très
petite. Je crois que les esprits
de mes parents vivent avec moi. Ils m’ont
guidés toute ma vie.
C’est vraiment drôle que mon nom et mon corps soient Mexicains mais
je ne parle pas un mot d’espagnol et je
ne me considère pas comme une citoyenne Mexicaine.
Ma peau peut être hâlée,
mais mes cheveux sont blonds, longs, et frisés. Mes
yeux sont petits et bruns, donc je me maquille
beaucoup pour donner à mes yeux
l’apparence d’être grands.
Je m’occupe de mon apparence parce que c’est comme
ça que je attire mes « mannequins
». Ce fait ne m’inquiète pas parce que après
les avoir peints, ils me regardent différemment.
Ils ne me voient pas encore comme
un objet, ils me regardent comme une femme
supérieure avec une belle âme. Ils
voient que j’ai un grand talent et ils
veulent m’aider à réussir. Ils deviennent mes
amis,
et je les adore. Presque tous les hommes
que j’ai connus sont de vrais “gentlemen”.
De temps en temps, je veux peindre un homme qui
n’est pas gentil pour pouvoir
surmonter ma répugnance. Mais, comme
j’ai déjà dis, je crois en la beauté de l’intérieur.
C’est pourquoi j’aime la peinture. On
peut exposer ce qu’on ne peut pas discerner
par les physionomies. C’est cela
que j’aime.
Et j’aime être française.
C’est ma nationalité, et je me sens à l’aise avec la culture
française.
Quand on me regarde en ville, on ne peut
pas me confondre pour une touriste parce que
je parle, mange, marche, et m’habille comme une
parisienne. J’ai vécu en France toute ma vie,
et mes parents aussi.
Il y a cinquante ans, mon père et ma mère sont allés
du Mexique en
France parce qu’ils aimaient l’aventure.
Ils étaient très jeunes. La famille de mon père
était riche donc mon père
avait beaucoup d’argent pour faire ce qu’il voulait.
Ils voulaient voyager partout dans le monde
et leur première destination était
la France. En arrivant en France,
mes parents sont tombés amoureux de Paris.
Ils aimaient, (spécialement ma mère),
la nourriture, la culture, les rues, les
immeubles, les musées, le climat,
tout. C’était parfait pour ma mère parce
qu’elle était peintre. Elle
aimait peindre les images de Paris; les villes,
les cathédrales, les enfants jouant
au parc, les cafés, la tour Eiffel…tout.
Mais ma mère peignait les
images différemment. Par exemple, les enfants dans un
de ses tableaux n’étaient
pas de petits corps courant et sautant, ils étaient de petites
flammes blanches. Ma mère
pouvait voir les âmes des enfants. C’est comme cela que je
vois mes sujets aussi.