Il faut commencer avec une description physique.
Je suis tahitienne, donc j'ai la peau couleur café-au-lait. Pour
une femme, je suis d'une taille relativement grande; 1,80 mètres.
Je pèse 65 kilos, et mes jambes sont bien musclées grâce
aux années passées à danser le "hula." Mon visage
est bien carré, mais mes lèvres douces et mes yeux couleur
amandes rôties, lui donnent un sens de douceur. Mes yeux sont toujours
en train de sourire, même si ma bouche ne le fait pas. Plus importants
sont mes doigts; longs et minces, ils sont d'une forme parfaite pour créer
des bijoux extraordinaires. Mes cheveux, pour moi, sont une source de fierté;
longs (jusqu'au milieu de mon dos), noirs et épais, ils ajoutent
à mon physique une stature captivante. Tous les hommes (même
quelques femmes) se tournent vers moi quand je me promène chaque
soir, avec mon chien et mes sacs en cuir vides, et je rigole silencieusement
en passant devant eux. Je rigole parce qu'ils ne savent pas mon secret;
ils ne comprennent pas pourquoi j'ai ces sacs en cuir.
Personne ne comprend ni pourquoi quelquefois
les sacs sont encore vides quand je rentre chez moi ni pourquoi, de temps
en temps, les sacs sont gonflés d’objets inconnus. Après
le coucher du soleil, dès que la nuit arrive, c'est là que
je me promène avec Koa. Tout le monde veut savoir l'histoire de
mes sacs, mais tout sera révélé...
J'habite avec mon chien, Koa ("koa" c'est le mot pour "force" à Hawai‘i), qui est mon petit garde chargé de la sécurité de notre appartement. Il ne fait pas trop de bruit, mais c'est bizarre parce qu'il y avait, à plusieurs occasions, quelques habitants de l'immeuble qui se sont approchés de moi pour se plaindre du bruit qu'ils entendent, dont l'origine semble être mon appartement! Je n'ai accune idée de quoi ils parlent, mais ils le décrivent tous comme un son sourd et répété. Enfin, je sais que je suis bijoutière et que, pour créer des bijoux, il faut casser quelques morceaux de pierres. Mais, je n'ai aucun instrument dans l'appartement qui fait le bruit que mes voisins décrivent. Eh bien, ce n'est pas grand chose.
Je travaille dans ma boutique cinq jours par semaine et j'ai une aide qui s'appelle Martine; elle travaille avec moi quatre fois par semaine. La boutique est fermée les weekends, donc c'est pendant les weekends que je pense aux nouveaux concepts pour mes bijoux. Ce que je préfere c'est d'aller dans un café petit et tranquille, avec mes cahiers de dessins, et c'est là que mes meilleures idées m'arrivent. Je regarde les gens qui passent, et je me mets à vraiment remarquer ce qu'ils portent comme accessoires. La nature m'influence aussi; j'essaie de mettre un peu de la nature dans tous mes bijoux. Par exemple, quand je vois quelqu'un qui s'asseoit sous les arbres et qui regarde le ciel en écoutant chanter les oiseaux, j'imagine un bijou avec des émeraudes et des sapphires, dont les couleurs rapellent les feuilles, l'herbe, la mer, le ciel. Pour quelqu'un qui est vraiment passionné par la vie, quelqu'un pour qui les émotions brûlantes sont toujours présentes, je préfère plutôt des rubis, des grenats, et des diamants; à mon avis, ce sont les bijoux qui capturent le feu du cœur. Tout cela je le vois chez les gens qui passent.
Mes bijoux préférés sont les diamants, les émeraudes, et les perles noires. Quand c'est nécessaire, d'habitude une fois par an, je vais à Tahiti (Martine m'accompagne) pour acquérir plus de perles noires. Mais je ne les achète pas; depuis un jeune âge, je suis aussi pêcheuse de perles! J'ai un bon rapport avec ma famille à Tahiti; je lui parle presque chaque jour (par téléphone ou par e-mail), juste pour dire bonjour. Pour moi, la famille est extrêmement importante. Mes parents étaient toujours des sources d'information, de suggestion, et d'encouragement, mail ils ne m'ont jamais "suffoquée" avec des règles strictes. Ils m'ont laissé découvrir ma propre vie, au lieu d'imposer leurs idéaux sur moi. Et c'est pour ça que mon frère cadet peut venir me voir chaque année. Mes parents veulent qu'il soit conscient des différences dans le monde, et qu'il comprenne que chaque personne a des points de vue variés et enrichissants à offrir. Mon frère, comme moi, a l'occasion de trouver ce qui le rend heureux et de l'explorer. Si j'ai ma propre famille, un jour, j'élèverai mes enfants exactement comme mes parents l'ont fait avec moi. Ma mère s'inquiète que je travaille trop, mais elle ne connait pas la vie de Paris; pour une jeune femme à Paris, qui est toute seule, la vie est un peu dure et très chère. Mais je ne travaille pas tout le temps; j'aime bien m'amuser.
Comme loisir (quand j'ai du temps), j'aime
tailler de petites perles blanches avec lesquelles je fais des colliers
et des bracelets. Je les donne comme cadeaux à mes amis, mais le
matériau que j'utilise est un secret!
Je n'ai pas trop d'amis dans l'immeuble,
mais j'aimerais bien mieux connaître mes voisins. Enfin, ça
sera un peu difficile parce que je n'ai pas beaucoup de temps pendant la
semaine. Pour payer mon loyer, je dois vendre assez de bijoux. Vendre assez
de bijoux, ça veut dire que je dois travailler beaucoup. Mais le
résultat vaut la peine; quand je vends une pièce que j'ai
créée (surtout celles avec des diamants), je gagne assez
d'argent. Mais aussi, je gagne un sens d'avoir accompli un exploit que
personne d'autre ne pourrait avoir fait. Par exemple, c'est moi qui ai
créé la bague à trois diamants que monsieur le Président
a donné à madame Chirac comme cadeau d'anniversaire!